La solidarité en butte au harcèlement

15 Août 2018

Après des mois de combat, Cédric Herrou a vu son contrôle judiciaire assoupli. Le 10 août dernier, la justice lui a rendu son passeport et l’a autorisé de nouveau à se rendre en Italie pour des raisons professionnelles.

Cependant, pendant un mois et demi, pas moins de quarante gendarmes ont occupé sa propriété pour l’empêcher de porter aide aux migrants et effrayer ceux qui pourraient venir y chercher secours.

Cet acharnement des forces de l’ordre, on le retrouve partout, de la porte de la Chapelle à Paris jusqu’à Calais. Quatre associations de Calais, Help Refugees, L’Auberge des migrants, Utopia 56 et Refugee Infobus ont ainsi remis mardi 7 août un rapport au défenseur des droits sur les violences policières. Le texte comptabilise pas moins de 670 incidents, dont 37 violences physiques contre des bénévoles. Ces derniers ont été jetés au sol, écartés par la force des lieux de distribution, leurs portables ont été arrachés. Des militantes, lors de palpations par des policiers, ont subi des attouchements. Des bénévoles sont suivis par la police jusqu’à leur domicile. À cela s’ajoutent des violences verbales, intimidations, menaces de détention. La police est présente au moment des distributions de nourriture, les empêche parfois, filme les militants. Du coup, de nombreux migrants renoncent à venir, alors que ces distributions sont souvent leur seul repas.

Pour autant, les militants des associations ne désarment pas et ont bien l’intention de montrer à la police qu’ils ne se laisseront pas intimider.

A.U.