Ryanair : vive la lutte !

08 Août 2018

La contestation s’étend chez Ryanair. Vendredi 10 août, les pilotes basés en Irlande devraient faire une cinquième journée de grève, en même temps que des pilotes basés en Belgique, en Suède et peut-être même en Allemagne et aux Pays-Bas, pour qui ce sera leur première journée d’action pour de meilleures conditions de travail et de contrats.

En Suède 22 vols ont déjà été préventivement annulés, et 104 en Belgique. Ryanair a implanté 86 bases dans 35 pays différents. Il y emploie comme personnel navigant de jeunes travailleurs de multiples nationalités, tous sous contrat irlandais, peu coûteux en cotisations et taxes diverses, et des centaines de pilotes, pour les trois quarts sous contrat d’auto-entrepreneur. Tout cela n’aide pas à se défendre collectivement, qui plus est dans un secteur où le sentiment corporatiste est plus développé qu’ailleurs. Eh bien c’est Ryanair lui-même, et son PDG très antiouvrier et même antisyndicats, qui répandent la colère par leur dureté et leur morgue.

Le mouvement était jusque-là plutôt cantonné chez les pilotes basés en Irlande, qui avaient quand même réussi à obtenir 20 % d’augmentation de salaire et à imposer un syndicat dans l’entreprise, et qui ont fait trois journées de grève en juillet. Il a maintenant gagné le personnel navigant, qui a montré spectaculairement son mécontentement lors de deux journées de grève internationale, les 25 et 26 juillet, obligeant la compagnie à annuler en catastrophe plus de 600 vols.

Teigneuse, la compagnie a joué la provocation. Elle a insulté le personnel navigant, dont seules les heures de vol sont payées, et encore, très mal, en prétendant que les salaires étaient bons. Et elle a menacé de baser en Pologne plusieurs de ses avions de Dublin, ce qui met sur la sellette les emplois de 100 pilotes et 200 personnels navigants en Irlande.

La grève des pilotes du 10 août est une réponse à cette morgue. Ce patron de combat mérite qu’elle soit la plus large possible.

Pierre LEMAIRE