États-Unis : des militants du Black Power encore derrière les barreaux

08 Août 2018

Aux États-Unis, 19 militants afro-américains du Black Panther Party, de la Black Liberation Army et de l’organisation Move, arrêtés dans les années 1970 et 1980, sont encore derrière les barreaux.

Accusés d’avoir tué des policiers ou des gardiens de prison blancs, certains revendiquent ces assassinats comme des actes politiques, mais de nombreux autres, comme Mumia Abu-Jamal, ont toujours nié les meurtres qui leur étaient imputés. Bien souvent, les accusations portées contre ces militants de la cause noire furent montées de toutes pièces et leurs procès furent des parodies de justice. Depuis l’an 2000, dix de ces militants de la mouvance Black Power sont morts en prison. Mumia Abu-Jamal, s’il n’est plus menacé de la peine capitale, reste condamné à perpétuité et se voit refuser, à 64 ans, la prise en charge médicale dont il aurait besoin.

Coupables ou innocents des faits qui leur sont reprochés, ces activistes croupissent en prison depuis plus de quarante ans parce que l’État américain veut leur faire payer cher le fait d’avoir osé se dresser contre le système qui opprimait, et opprime encore, l’écrasante majorité des Afro-Américains. Le refus de les soigner correctement fait d’ailleurs aussi partie du châtiment politique infligé par le pouvoir. La justice américaine n’imagine pas les libérer et met un point d’honneur à les priver de liberté pour toujours.

Quant aux policiers blancs qui, chaque année, assassinent de jeunes Noirs, ils n’ont pas à s’inquiéter de connaître un tel sort. Protégés par l’État dont ils sont les serviteurs, ils ne passeront pour la plupart pas un jour de leur vie en prison.

Alan Grey