Budget : nouvelles coupes en vue

08 Août 2018

En arrivant au pouvoir, Macron et son gouvernement avaient annoncé que la croissance était là, que les prévisions économiques étaient bonnes et qu’il suffisait d’attendre les fruits de cette croissance pour que les conditions de vie de la population s’améliorent et que le chômage diminue.

Un an après, on voit ce qu’il en est. La croissance est celle des bénéfices des grandes entreprises et même plus précisément celle des dividendes des actionnaires, pas celle de la production. Quant aux prévisions, elles ne valaient rien, tout comme le raisonnement promettant les retombées des prétendus fruits de la croissance.

La prévision de croissance, selon les chiffres officiels, est en baisse de 2 % à 1,8 %. Pour la loi de finances 2019 qu’il va présenter à la rentrée, le gouvernement cherche donc à réduire encore plus les dépenses publiques… tout en préservant les budgets sur lesquels les grands industriels et les financiers lorgnent.

Avant même cette nouvelle annonce, le gouvernement avait déjà prévu de diminuer de 15 % le budget du ministère du Travail, notamment avec la suppression de 100 000 emplois aidés, pourtant bien utiles aux collectivités locales. Mais qu’en sera-t-il avec les nouvelles prévisions ? Le budget du ministère du Logement devait aussi reculer, d’au moins 9 %, parce que le montant des APL sera à la baisse d’au moins 1,3 milliard. En revanche, le ministère de la Défense, secteur très profitable aux marchands de canons, devait voir, lui, son budget augmenter de 1,7 milliard.

Le nouveau budget va aussi prévoir de réduire le nombre de fonctionnaires. L’objectif de Macron est de supprimer 120 000 emplois avant la fin de son quinquennat. Initialement, en 2019, 70 000 postes de fonctionnaires devaient disparaître mais cela pourrait bien être plus.

L’argument du gouvernement est toujours le même, il s’agit d’« assainir » les finances de l’État mises à mal par une dette qui dépasserait les 2 200 milliards d’euros. Mais cette dette est une aubaine pour les financiers. Avec plus de 40 milliards d’euros par an, la charge de la dette, c’est-à-dire le remboursement des intérêts, est devenu un important poste de dépenses de l’État, presque au même niveau que celui de l’Éducation nationale, dont le budget s’élève à 50 milliards.

Pourquoi serait-ce à la population de payer cette dette qui ne correspond en rien à des investissements publics utiles à tous ? Elle a quasiment doublé depuis 2008, année de la crise financière où l’État avait déboursé des centaines de milliards pour renflouer les banques françaises menacées de faillite.

La seule façon d’assainir les finances publiques, c’est d’en finir avec le parasitisme de cette classe capitaliste qui a largement fait son temps.

Denis Aler