Trusts du pétrole : des profits au plus haut

01 Août 2018

« Les profits des pétroliers s’envolent » résume le journal patronal Les Échos des 27-28 juillet, après l’annonce des résultats du premier semestre.

Shell affiche des bénéfices de près de 12 milliards d’euros (plus que doublés par rapport à 2017), tandis que Total annonce un résultat net de 5,5 milliards d’euros, en hausse de 28 %. Et les profits des autres compagnies pétrolières sont à l’avenant : selon la banque suisse UBS, des résultats similaires sont à attendre pour l’ensemble du secteur, avec des bénéfices en progression de 72 % pour le seul deuxième trimestre.

À l’origine de ces chiffres fantastiques, il y a d’abord la hausse du cours du pétrole qui atteint 75 dollars le baril, ce dont tous les travailleurs peuvent témoigner avec la flambée des prix à la pompe. Or, de l’aveu même de Total, le groupe « dégage du cash » dès que le prix du pétrole dépasse la barre des 25 dollars.

Mais ces profits vertigineux s’expliquent aussi par des coupes budgétaires et des investissements bloqués : une politique commune à tous ces trusts depuis des années. À titre d’exemple, Shell déclare avoir supprimé plus de 12 500 emplois en 2015 et 2016. Et le PDG de Total, Patrick Pouyanné, ne fait pas non plus mystère de cette politique quand il affirme que « la discipline sur les dépenses est résolument maintenue. »

Toutes ces économies aux dépens des emplois et des investissements, n’ont qu’une seule et unique finalité : permettre aux actionnaires d’engranger des dividendes toujours plus élevés. Et pour encore les accroître, Shell s’est empressé, comme l’a fait Total en début d’année, d’annoncer un programme de rachat d’actions à hauteur de 25 milliards de dollars. Non seulement ces géants pétroliers, profitant de leur position de quasi-monopole, font des surprofits faramineux sur le dos de toute la société, mais en plus, ils les utilisent pour enrichir encore plus leurs actionnaires en utilisant leurs bénéfices pour des opérations financières au détriment de l’investissement dans la production. Vous avez dit « parasites » ?

Marlène Stanis