Espagne : Sanchez (PSOE) prépare les futures élections

01 Août 2018

Samedi 21 juillet, le socialiste Pedro Sanchez fêtait les 50 jours de son élection à la tête du gouvernement espagnol. Une élection difficile.

Disposant de 84 députés, dans un scrutin où la majorité absolue était de 176 voix, il lui avait fallu l’appui des députés de Podemos et des divers députés nationalistes liés aux partis basques, catalans et régionaux pour faire échec aux votes de la droite représentée par le Parti populaire (PP) et le nouveau parti de droite Ciudadanos. La défaite du PP et de son ancien numéro un, Rajoy, a réjoui bien des opposants à la politique ouvertement réactionnaire qu’il avait imposée depuis des années. Mais au lendemain de la démission de Rajoy, il n’y a pas eu dans l’opinion la moindre vague d’espoir de changement.

Et pour cause ! la nouvelle ministre du Travail, Magdalena Valerio, a expliqué qu’il ne serait pas possible de remettre en cause la réforme du travail décidée par Rajoy. Une promesse que la gauche avait pourtant faite. Elle précisait que ne pourraient être modifiés que des articles de loi qui s’en prendraient de façon flagrante à la classe ouvrière et des mesures concernant les conditions de travail de certaines catégories de travailleurs de la sous-traitance.

Le nouveau gouvernement a aussi favorisé l’accueil des migrants de l’Aquarius, une mesure destinée aux milieux de gauche, sensibles aux problèmes de l’émigration. Dans le même temps, Pedro Sanchez a fait des gestes en direction des dirigeants catalanistes, réfugiés à l’étranger ou emprisonnés, qui avaient été condamnés pour avoir enfreint les lois lors des conflits en Catalogne, et a aussi ouvert des négociations avec les autorités de Catalogne.

Mais cette timide politique d’ouverture vise surtout à préparer le terrain pour les futures élections locales qui auront lieu d’ici la fin 2019 pour le renouvellement des institutions dans les municipalités et les autonomies (les régions espagnoles, qui disposent d’une certaine liberté d’action par rapport à l’État central).

Loin de ces manœuvres politiques, pour ne pas dire politiciennes, des réactions au sein de la classe ouvrière montrent que, dans divers secteurs comme chez Amazon ou Ryanair, les travailleurs n’entendent pas se taire et encore moins se laisser faire. Et c’est là qu’il y a de l’espoir.

Henriette MAUTHEY