Durobor – Belgique : travailleurs sacrifiés

01 Août 2018

Pour justifier le licenciement de la moitié des 230 salariés de la verrerie Durobor en juillet 2017, les responsables du fonds financier de la région wallonne pour les investissements publics dans les entreprises, la Sogepa, n’avaient pas hésité à menacer les travailleurs d’une faillite. En même temps, ces responsables vendaient aux médias la fable d’un repreneur décidé à investir dans une nouvelle usine à construire dans la zone industrielle de Soignies.

Un an après, ce plan abandonné, le nouveau patron se comporte exactement comme les précédents : il refuse d’investir dans l’entreprise et exige au contraire 11 millions d’euros de la Sogepa pour la poursuite de l’activité. C’est une méthode bien rodée ! Les repreneurs précédents, amenés eux aussi par la Sogepa en 2012 pour « sauver l’entreprise », lui avaient extorqué 15 millions d’euros, sans investir eux-mêmes le moindre centime, et avaient imposé une baisse des salaires de 19 %.

En 2017, le nouveau patron a décidé de payer les dimanches et jours fériés comme des jours ordinaires et de supprimer la plupart des primes. Cette perte de salaire est évaluée par les travailleurs à 30 %, ce qui signifie que les salaires ont baissé de moitié en six ans !

Aujourd’hui, l’effectif tourne à nouveau aux alentours des 220 personnes, dont beaucoup d’intérimaires, jeunes… ou pas. En effet, les travailleurs licenciés en 2017 sont rappelés comme intérimaires. Une ouvrière, qui a trente-neuf ans de carrière dans l’entreprise, explique qu’elle est contrainte d’accepter de venir comme intérimaire car elle redoute les sanctions du Forem, l’équivalent local du Pôle emploi français.

Les travailleurs constatent que le plan du nouveau patron consiste à vendre à perte, ce qui ne lui coûte rien étant donné que les coûts de fonctionnement sont supportés par la région wallonne. Une stratégie qui rapporte apparemment, comme le laisse supposer les visites régulières de l’actionnaire hollandais dans sa Maserati.

Correspondant LO