Chômeurs : Pénicaud annonce la couleur

01 Août 2018

Invitée sur France inter le 29 juillet pour commenter les derniers (mauvais) chiffres du chômage et vanter les mérites de la loi « avenir professionnel » votée définitivement le 1er août au Parlement, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a déployé tout son talent d’ancienne DRH.

Si le chômage ne baisse pas, cela n’aurait rien à voir avec les milliers de suppressions d’emplois en cours, chez Carrefour, Ford ou Whirlpool. Pour elle, « les entreprises recrutent » car son gouvernement « a libéré le travail ». Autrement dit, il a supprimé de nombreux droits pour les travailleurs avec les ordonnances sur le Code du travail. Selon elle, si le chômage ne baisse pas, c’est la faute des chômeurs qui ne seraient pas assez formés et surtout pas assez adaptés aux besoins des patrons. Et la loi sur la formation professionnelle se chargera d’y remédier en encourageant l’apprentissage et en plaçant les centres de formations encore plus directement sous le contrôle des patrons.

Face à un auditeur, lui-même patron, qui déplorait le nombre élevé de ruptures conventionnelles, sa difficulté à recruter et dénonçait les prétendus faux chômeurs qui préféreraient toucher des indemnités et travailler au noir, elle a abondé dans ce sens. Ignorant délibérément la remarque du journaliste sur les salaires trop faibles qui peuvent faire hésiter les travailleurs à accepter tel ou tel emploi, elle a fait une distinction subtile entre les « chômeurs » et les « demandeurs d’emplois », alimentant l’odieuse campagne contre des chômeurs qui ne voudraient pas travailler. Façon de préparer le terrain pour la prochaine attaque contre les chômeurs, déjà dans les tiroirs pour la rentrée, et face à laquelle l’ensemble des travailleurs devra se sentir concerné et se préparer à y répondre.

Xavier LACHAU