Canicule : pendant le réchauffement, les affaires continuent

01 Août 2018

La canicule actuelle ne touche pas que la France. Elle sévit dans tout l’hémisphère Nord, avec parfois des conséquences dramatiques. Au Pakistan, dès le mois d’avril, un record de température de plus de 50 degrés a été enregistré. Au Japon, des dizaines de milliers de personnes ont dû être hospitalisées. La sécheresse a attisé les incendies aux États-Unis, en Grèce, et même en Suède, où on a dépassé les 30 degrés, même au-delà du cercle polaire, événement sans précédent.

Bien sûr, la météo fluctue, et une situation météorologique particulière cette année explique en partie le phénomène. Mais les scientifiques y voient aussi ce que le réchauffement climatique nous promet pour l’avenir. Sous l’influence des émissions de gaz à effet de serre, gaz carbonique issu de l’industrie et des transports, et du méthane des activités agricoles, les températures moyennes à la surface de la Terre ont déjà augmenté de un degré en un siècle, et cela va en s’accélérant. Malgré les fluctuations annuelles, les dix années les plus chaudes à l’échelle de la planète depuis 1880 se trouvent parmi les douze dernières années !

Les climatologues voient là une confirmation de leurs prévisions et simulations informatiques, et avertissent que ces vagues de chaleurs exceptionnelles aujourd’hui préfigurent les étés moyens des années 2050. Les canicules amèneront alors, en France, des pics de température de plus de 50 degrés.

Le réchauffement aura bien d’autres conséquences inquiétantes, sur les calottes polaires, les océans et la diversité des espèces animales et végétales dont dépend notre alimentation. On sait aussi que ce seront les pauvres des pays pauvres qui paieront les premiers les conséquences de la montée du niveau des mers, de l’aggravation des sécheresses et du renforcement de la violence des pluies et des cyclones qui accompagneront le réchauffement. Aujourd’hui, les scientifiques qui avaient tiré la sonnette d’alarme il y a déjà une trentaine d’années constatent amèrement que ce qui se produit est proche du pire des scénarios qu’ils avaient envisagés, celui où tout continue comme avant. Les émissions de gaz à effet de serre continuent à progresser rapidement.

Pourtant, depuis, ce ne sont pas les discours qui ont manqué, comme au Sommet de Paris en 2016. Mais les mesures prises se sont limitées à culpabiliser les populations, prêcher la décroissance et à développer le capitalisme vert. L’économie capitaliste a continué sa marche aveugle, dominée par la soif du profit immédiat et maximum.

Dans ce domaine comme dans celui des autres catastrophes, encore plus immédiates, crise et guerres qui s’abattent sur les travailleurs et les pauvres aujourd’hui, tous ceux qui prétendent améliorer les choses sans arracher le contrôle de l’économie aux capitalistes nous mentent. Réorganiser l’économie, produire en fonction des besoins les plus urgents, sous le contrôle des travailleurs et de la population, voilà la seule issue pour l’humanité.

Serge FAUVEAU