Palestine-Israël : loi sur l’État-nation, loi d’apartheid

18 Juillet 2018

Samedi 14 juillet, plusieurs milliers de manifestants israéliens ont défilé dans les rues de Tel-Aviv pour protester contre la loi dite de l’État-nation juif, actuellement en discussion au Parlement. Partis religieux et d’extrême droite voudraient qu’elle soit adoptée avant la fin du mois.

Cette loi validerait la discrimination, voire la ségrégation au sein de la population israélienne (composée d’une majorité juive, mais aussi d’une forte minorité arabe), par une série de mesures dont l’objectif est « d’ancrer dans la loi le caractère juif d’Israël ». Une clause suscite la colère des manifestants et a même provoqué la protestation publique du président honorifique d’Israël, Reuven Rivlin, pourtant membre du parti de Netanyahou. Elle prévoit « d’autoriser une communauté composée d’individus de même foi ou de même ethnie à maintenir le caractère exclusif de leur communauté ».

Le gouvernement Netanyahou veut ainsi inscrire dans la loi la politique d’apartheid que les dirigeants sionistes font subir aux populations arabes israéliennes depuis des années. Le ministre des Finances revendique ce caractère ségrégationniste, affirmant que la clause « valide en effet la création de communautés exclusivement juives en Israël », ajoutant que « les communautés arabes vivraient très bien de façon séparée ». D’autres clauses prévoient de ne plus considérer l’arabe comme langue officielle d’Israël au côté de l’hébreu. D’après des manifestants israéliens, cette disposition légalisera également les discriminations d’accès au logement contre des minorités et des sous-groupes : Juifs orientaux et éthiopiens, homosexuels et même femmes divorcées. Parmi les organisateurs des protestations contre cette loi, certains sont proches de la gauche qui, lorsqu’elle était au pouvoir, n’a pas mené une politique bien différente de celle de la droite nationaliste. Or l’évolution réactionnaire qui ronge la société israélienne ne pourra être combattue sans rompre avec ce nationalisme et sans qu’une fraction des travailleurs israéliens prenne conscience que leur sort est lié à celui des Palestiniens, et qu’un peuple qui en opprime un autre n’est pas un peuple libre.

C. C.