Renault-Sandouville : débrayages contre les sanctions

11 Juillet 2018

Dans l’usine Renault de Sandouville, en Seine-Maritime, près de 3 000 travailleurs fabriquent aujourd’hui le Trafic. Sur les chaînes de montage, près de 900 travailleurs intérimaires représentent environ 80 % de l’effectif.

La très grande majorité ne seront jamais embauchés. De plus, au bout de deux contrats de 18 mois maximum, ils sont renvoyés et ne seront plus jamais repris, même en intérim.

Les conditions de travail ne cessent de s’aggraver, à tel point que les accidents de travail se multiplient. Depuis quatre ans, 650 accidents de travail sont déclarés chaque année sur l’usine. Et les salariés sont persuadés que la situation va empirer avec le passage annoncé à 37 véhicules par heure.

Déjà il y a des pressions, comme des sanctions arbitraires que la direction inflige depuis plusieurs mois.

Plusieurs travailleurs ont par exemple eu une journée de mise à pied parce qu’ils ne portaient pas de bouchons d’oreilles. Un autre a été mis à pied un jour car... il avait le sourire et le chef de département a estimé qu’il n’était pas dans son état normal.

La direction fait aussi la chasse aux « inaptes au travail ». Plusieurs travailleurs sont menacés de licenciement, parce que la direction les juge inaptes à tout poste alors qu’ils ont été victimes d’un accident de travail.

À tout cela s’ajoutent, après la journée de travail, des contrôles prétendument aléatoires des sacs à la sortie de l’usine.

Dans les ateliers, dans les services, les travailleurs sont de plus en plus nombreux à mettre en cause la politique révoltante de la direction. Ainsi, vendredi 6 juillet, plus de 70 travailleurs ont cessé le travail contre ces sanctions et brimades, en fait contre la politique de la direction.

La CGT a appelé à d’autres débrayages le 10 juillet. Il est certain que la colère s’exprimera et se manifestera de nouveau.

Correspondant LO