Marche solidaire avec les migrants : À Grande-Synthe

11 Juillet 2018

Jeudi 5 juillet, la Marche solidaire des réfugiés de la guerre et de la misère, partie le 30 avril de Vintimille à la frontière italienne, arrivait pour sa 57e étape à Grande-Synthe, près de Dunkerque.

Elle a parcouru tout le pays, rencontrant la solidarité de ceux qui refusent la politique du gouvernement et demandent un accueil et une vie dignes pour les migrants, leur liberté de circulation et d’installation.

Plusieurs centaines de personnes se pressaient dans la mairie pour leur témoigner leur soutien. Les banderoles des marcheurs dénonçaient l’abîme entre les paroles humanistes de Macron et ses actes.

Et ce qui se passe à Grande-Synthe depuis des années en est un exemple criant. Cette commune ouvrière est proche des embarcadères pour l’Angleterre : Calais et les ports belges. Des migrants refoulés de Calais y ont cherché refuge. En 2016, la municipalité menée par Damien Carême (écologiste) avait imposé à l’État l’ouverture du camp de la Linière. En avril 2017 il brûlait partiellement et la préfecture en a profité pour le fermer. Depuis, plusieurs centaines de migrants cherchent toujours à rejoindre leur famille et leurs amis en Angleterre et ils campent sur différents terrains de la commune dans des conditions plus que précaires.

La commune les aide, comme beaucoup d’associations, et projette d’organiser un camp ouvert où les conditions d’hygiène et de vie seraient meilleures. Mais le gouvernement refuse. Il organise périodiquement des évacuations en car des migrants vers des centres d’accueil et d’orientation (CAO) pour y demander l’asile. Les migrants, eux, veulent aller en Grande-Bretagne. Et si l’asile est refusé, c’est l’expulsion. Alors, ils se cachent lors des interventions policières, ou ils reviennent des CAO à Grande-Synthe. Récemment, des associations anglaises qui aident depuis des années les migrants se sont vues interdites d’intervenir. Plusieurs de leurs membres ont été retenus des heures au commissariat. Voilà le dialogue que prône la préfecture au nom du gouvernement !

Les marcheurs de Calais veulent aller jusqu’à Londres pour défendre la liberté de circulation et d’installation, en opposition à la politique de tous les États, ce qui est la moindre des mesures humanitaires.

Correspondant LO