Macron à Versailles : les attaques continuent

11 Juillet 2018

Lundi 9 juillet Macron a fait venir députés et sénateurs à Versailles pour leur délivrer une heure et demie d’un discours insipide, sélection des idées reçues de tous les repus, de tous les pays, à toutes les époques : « Une politique pour les entreprises, ce n’est pas une politique pour les riches », « il ne faut pas aider les gens à mieux vivre dans la pauvreté, il faut les en sortir » ou « pour partager le gâteau, il faut qu’il y ait un gâteau »...

Au milieu de ces fleurs de rhétorique, Macron a disserté, comme c’est original, sur les efforts conjoints que devaient faire actionnaires, dirigeants d’entreprise et travailleurs pour vaincre le chômage de masse.

Les actionnaires en ont été aussitôt exemptés, le président voulant surtout les remercier de risquer leurs capitaux pour permettre aux malheureux travailleurs d’avoir un emploi. Les dirigeants des cent premières entreprises vont être reçus par le président. Il leur demandera, poliment on le suppose, de bien vouloir prendre plus d’apprentis et leur offrira des subventions pour ce faire. Les jeunes travailleurs, eux, devront en passer par là, aux conditions fixées par les patrons, sans aucune garantie d’avenir. Le président va également demander aux patrons de bien vouloir signer plus de CDI et moins de CDD. On ne voit pas pourquoi les employeurs feraient demain ce qu’ils ne font pas aujourd’hui. En revanche l’État compte réviser les conditions d’indemnisation du chômage de façon à faire pression sur les conditions de salaire et d’emploi de tous ceux qui n’ont que leur travail pour vivre. D’après Macron, la trop grande générosité des caisses de chômage engendrerait la précarité. Les licenciements massifs, les embauches au jour le jour d’intérimaires et de CDD par des patrons qui veulent ajuster la main-d’œuvre au moindre coût n’y seraient en revanche pour rien.

Macron a affirmé que la réforme des retraites en préparation les rendrait « plus justes ». On se doute qu’il s’agit de la même justice que celle qui a présidé à la destruction du Code du travail, à la diminution des APL, à la réforme ferroviaire, etc.

Ce discours, présenté à l’avance comme un signal de gauche à ses soutiens, voire comme un engagement social de Macron, annonce donc de nouvelles attaques contre les travailleurs, accompagnées de remarques méprisantes ou stupides. Le président banquier a ainsi affirmé : « Le pire est l’inégalité de destin ». Eh bien, celui des travailleurs n’est pas de subir sans cesse, ni les coups des patrons, ni les insanités dont un Macron les enveloppe.

Paul GALOIS