La Redoute – Wattrelos : conditions de travail bradées

11 Juillet 2018

« Pour que les salariés de La Redoute, à Wattrelos, dans le Nord, fassent grève au lancement des soldes, il faut vraiment qu’il y ait un mécontentement » ont déclaré des grévistes à la presse. À l’appel des syndicats entre jeudi 28 juin, jour de grève nationale, et dimanche 1er juillet, plus de 200 salariés ont débrayé, d’une heure à toute la journée, dans toutes les équipes.

Pour l’équipe du matin semaine, nous étions près de 90 % à arrêter le travail. Et pour les équipes week-end, il y a eu des départs en grève tous les jours à plus de 50 % des effectifs.

Les raisons de la colère : Le Quai 30, la nouvelle usine de traitement des commandes pour La Redoute est extrêmement robotisée. Les 500 travailleurs embauchés (plus environ une centaine d’intérims) tournent en deux équipes par semaine et deux week-ends avec également des équipes de nuit pendant les soldes. Sur certains postes, le travail est très dur. Au démarrage de la nouvelle usine, la direction s’était engagée à faire des rotations toutes les deux heures sur les postes pénibles, mais pour des questions de productivité, elle préfère nous laisser 4 ou 5 heures sur ces postes. Quant à la pause, elle ne fait même pas 20 minutes car il faut entre 4 et 8 minutes de trajet pour se rendre jusqu’à la salle de pause.

Depuis que nous sommes dans ce nouveau site, les pressions sur les productions sont continuelles, certains chefs venant toutes les heures mettre la pression. En conséquence, nous recevons des rapports d’incidents, des courriers de rappel et même des avertissements.

De plus, la direction veut nous empêcher de discuter entre collègues et nous interdit de répondre aux portables. Aller aux toilettes est un parcours du combattant (badge à demander, passer un sas, trouver un WC fonctionnel et propre, et même parfois se prendre des remarques comme « Tu as bien une petite vessie » …).

Et, cerise sur le gâteau, la direction veut imposer, pour transporter nos affaires personnelles d’un poste à l’autre sous prétexte d’éviter les vols, une minitrousse de toilette translucide en remplacement du sac à dos transparent, auparavant fourni. Sans compter que depuis des mois, il y a des erreurs sur les fiches de paye. Et ce mois-ci, nous avons été surpris de constater que notre prime de congés payés était encore réduite par rapport à celle de l’année dernière.

Alors ça a craqué. Lors du premier débrayage du 28, le directeur du site, la mine complétement défaite, a dû entendre la colère de l’ensemble des collègues. Il en est resté muet.

Alors, cette démonstration du mécontentement général donne une bonne leçon à cette direction tellement arrogante. « Si ça ne suffit pas, on recommencera », c’est ce qui se dit.

Correspondant LO