ISS H&P – Saint-Ouen : les travailleurs ne sont pas des pions

11 Juillet 2018

Lundi 2 juillet, plusieurs dizaines de travailleurs de la branche Hygiène et propreté de la multinationale danoise ISS se sont rassemblés devant le siège de leur entreprise à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis.

En grève pour la journée, ces travailleurs protestaient contre un projet de vente de cette branche d’ISS, rejoints par une délégation d’ISS Propreté. Cette gigantesque multinationale propose des services aux entreprises dans 77 pays et dans de nombreux domaines, le nettoyage, l’assainissement, mais aussi la logistique, la sécurité ou les espaces verts, pour un chiffre d’affaires qui dépasse les 11 milliards de dollars. Pendant que ces patrons vendent le travail de milliers de salariés, une partie de l’activité des dirigeants consiste aussi à jouer au Monopoly, en achetant ou en vendant des secteurs d’activité entiers ou en morceaux.

En France, ISS a ainsi revendu son secteur espace vert, il y a quelque temps, et huit autres filiales en Europe pour la seule année 2017. Mais auparavant elle en avait racheté d’autres, ici ou là. La multinationale vient aussi de supprimer plus d’une centaine d’emplois dans le secteur du nettoyage en le réorganisant. Pour satisfaire les actionnaires, l’entreprise se réorganise pour plus de rentabilité, mais chaque fois cela veut dire aussi une aggravation de l’exploitation pour ceux qui y travaillent.

Cette fois, c’est au tour de la filiale française H&P d’être visée par un projet de vente. Une partie des travailleurs de la filiale sont bien décidés à ne pas se laisser trimbaler comme des pions et à défendre leurs droits conquis au fil des ans. C’est par la presse qu’ils ont découvert que la direction décidait dans son coin de leur avenir et ils n’ont pas attendu qu’elle les prévienne pour s’inviter au siège.

Devant le succès du rassemblement qui a regroupé une majorité des travailleurs du site de Villejuif, le directeur a reçu une délégation. Il s’est voulu rassurant en promettant d’associer la CGT au projet de vente. Mais les belles paroles ne suffisent pas. Et les travailleurs ne veulent pas se laisser sacrifier et ils ont mille fois raison.

Correspondant LO