Sealynx Charleval : chasse aux coûts, au profit de Renault

04 Juillet 2018

L’usine Sealynx-International de Charleval, dans la vallée de l’Andelle, produit des joints en caoutchouc, notamment destinés aux portières de voitures. Renault est son principal client, à 85 % encore récemment. Depuis les années 2010, l’entreprise est passée par les mains de quatre repreneurs éphémères et par deux procédures de redressement judiciaires.

Comme bien des sous-traitants de l’automobile, Sealynx est à la merci de ses donneurs d’ordre et se livre à une chasse aux coûts effrénée, passant par d’incessantes réductions d’effectifs. De 2 000 en 1990, l’effectif a fondu jusqu’à 425, plus 200 intérimaires, aujourd’hui. La dernière manœuvre en cours de la direction consiste à réaliser une partie de la production en Roumanie avec des machines de Charleval. On comprend que cela ne soit pas du goût des travailleurs concernés, car au final 70 personnes, dont 60 intérimaires, se trouveraient sur le carreau.

Vendredi 22 juin, des délégués s’étaient donc opposés au démontage et à l’enlèvement de deux presses, opération pour laquelle la direction n’avait même pas pris la peine de procéder aux consultations obligatoires. La direction a assigné en justice huit d’entre eux et leur réclame collectivement 3 000 euros de dommages et intérêts.

Mais à combien se chiffreraient les dommages subis par les travailleurs si le plan de Sealynx entrait en application ?

Correspondant LO