Sahel : troupes françaises hors d’Afrique !

04 Juillet 2018

Le 2 juillet, Macron s’est rendu à Nouakchott en Mauritanie pour rencontrer les chefs d’État africains de la « force G5 Sahel ». Cette force militaire de 5 000 hommes, censée prendre le relais de la présence militaire française dans cette région pour lutter contre le terrorisme islamique, a en effet du mal à se mettre en place.

La France n’est pas près de mettre un terme à son opération Barkhane lancée en 2014. Les États africains constituant le G5 Sahel – la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad – couvrent une zone géographique qui correspond à une des zones d’influence de l’impérialisme français en Afrique depuis plus de cent ans.

En janvier 2013, l’armée française était intervenue au Mali pour stopper l’avancée de troupes djihadistes alliées à des milices autonomistes Touaregs, avancée qui ne rencontrait quasiment aucune résistance. Cinq ans plus tard, l’armée française est toujours sur place.

Depuis plusieurs années, le gouvernement français voudrait mettre en place cette force constituée de soldats africains qui servirait ses intérêts. Son rôle devant être le maintien de l’ordre, bien sûr celui des grandes puissances impérialistes, le gouvernement français cherche aussi à mettre à contribution financièrement les autres puissances impérialistes ou d’autres puissances régionales.

Ainsi, il a réussi à obtenir que l’Union européenne s’engage pour 100 millions d’euros, l’Arabie saoudite pour la même somme, les États-Unis pour 60 millions d’euros et les pays du G5 Sahel pour 10 millions d’euros chacun. Mais, entre les promesses et les dons, il y a une marge. D’après une publication spécialisée sur l’Afrique et relayée par la presse, pour l’instant seulement 500 000 euros auraient été versés… par le Rwanda. Cette force n’est donc pas près de remplacer les troupes françaises de l’opération Barkhane.

Même si elle n’est constituée que de soldats africains, elle n’en est pas moins une armée d’occupation de plus, opprimant et rackettant les populations locales. Récemment, la mission militaire des Nations unies au Mali a dû reconnaître qu’en mai dernier des soldats maliens de la force internationale avaient exécuté douze civils dans un marché au bétail d’un village du centre du pays pour se venger de la mort d’un des leurs. En même temps, des attentats comme ceux commis les 29 juin et 1er juillet par des groupes djihadistes à l’approche de la rencontre de Macron et des chefs du G5 Sahel frappent d’abord les populations locales. Car, si les troupes françaises ont été visées et ont eu quatre blessés, les sept morts sont des civils maliens.

Macron a pris le relais de la politique africaine de Hollande qui lui-même suivait celle de Sarkozy et de ses prédécesseurs. C’est celle de l’impérialisme français, un impérialisme qui veut maintenir son influence pour pouvoir continuer à piller ce continent. Quitte à multiplier les interventions militaires et à soutenir coûte que coûte des dictatures à sa botte.

Pierre ROYAN