Morts en Méditerranée : Macron et Salvini responsables

04 Juillet 2018

Tous les jours des dizaines, peut-être des centaines de migrants qui tentent le passage entre la Libye et l’Italie, meurent noyés. L’ONG SOS-Méditerranée donne le chiffre de 14 000 disparus pour 30 000 sauvés depuis que cet exode a commencé, il a quatre ans.

Les derniers naufrages se sont encore soldés par 63 morts le 1er juillet, puis 114 dans la soirée du 2 juillet. Ils se sont déroulés sous les yeux même des politiciens européens réunis pour traiter de cette question. Les chefs d’État et Premiers ministres n’auraient pas fait pire en jetant directement hommes, femmes et enfants à la mer !

Désormais les navires des ONG qui sauvaient les migrants en mer sont écartés à l’initiative de l’Italie qui, les accusant de « faire du business », leur a fermé ses ports. L’Europe s’en remet maintenant aux garde-côtes libyens pour faire la chasse aux embarcations des migrants, y compris dans les eaux internationales et, théoriquement, les reconduire de force en ­Libye. Lorsqu’ils échappent à la noyade, ces migrants se retrouvent au point de départ et aux mains des mafias qui font la loi sur cette côte. S’ils peuvent payer, ils retentent l’aventure dans les mêmes conditions. S’ils ne le peuvent pas, que deviennent-ils ?

L’Italie et Malte ferment leurs ports, la France ne les ouvre pas et tous accusent les ONG, refusent les autorisations nécessaires à leurs opérations quand ils ne séquestrent pas leurs navires. Pendant que l’Aquarius ou d’autres bâtiments attendent en pleine mer, parcourent des milliers de milles pour trouver un port ouvert ou sont bloqués au mouillage, des malheureux se noient ou sont livrés aux garde-côtes libyens.

Le ministre italien et dirigeant d’extrême droite Salvini se réjouit, en voyant là un résultat de son action. Macron, qui pose au défenseur des droits humains et de la civilisation européenne, fait mine de déplorer son attitude. Mais ils sont tous les deux responsables au même titre de la tragédie qui se déroule en Méditerranée.

Paul GALOIS