Gaz : les prix explosent

04 Juillet 2018

Le gouvernement a décidé d’augmenter de 7,45 % le tarif du gaz au 1er juillet. C’est la plus forte augmentation depuis six ans. Pour un ménage qui utilise le gaz pour se chauffer, cela représentera une augmentation moyenne de 90 euros par an.

Il s’agit du tarif réglementé par l’État, censé protéger les cinq millions de consommateurs concernés face aux variations des prix du marché. Ce taux avait déjà connu une forte augmentation en janvier, de 6,9 %.

En janvier, la hausse était due à l’intégration au tarif de la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN), qui va continuer à augmenter fortement jusqu’en 2022. Cette taxe finance en partie le chèque énergie, qui aide les quatre millions de ménages les plus modestes à payer leur facture, en faisant payer ceux qui sont un peu moins pauvres. Cette aide sera d’ailleurs en grande partie amputée par la hausse de tarif de juillet.

La TICGN est aussi composée d’une « taxe carbone », prétendument destinée à protéger le climat. Mais si elle fait diminuer la consommation d’énergie, c’est avant tout celle de ménages qui ne peuvent pas se chauffer correctement faute d’argent. Cela représenterait, d’après l’observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), six millions de personnes.

Cette fois-ci, le gouvernement justifie sa décision par les investissements réalisés pour moderniser le réseau et par la hausse du prix du gaz naturel sur les marchés, dans le contexte de la hausse des produits pétroliers. Cela, alors que la majeure partie du gaz importé bénéficie de contrats à long terme et à prix stable !

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) avait proposé une hausse de 6,5 %, tout en demandant à Engie de limiter la hausse de ses coûts commerciaux. Le gouvernement, lui, accorde royalement 7,45 % d’augmentation à Engie : de quoi l’aider à augmenter encore des bénéfices, qui s’élevaient à 1,4 milliard pour 2017, alors que les dividendes des actionnaires augmentaient de 7,1 %.

Hélène COMTE