École : manque de moyens

04 Juillet 2018

Le ministre de l’Éducation nationale, Blanquer, se vante du dispositif de dédoublement des classes à 12 élèves, qu’il a mis en place au cours préparatoire. Le fait que les classes à petits effectifs permettent aux enfants d’apprendre mieux et plus vite n’est certes pas une découverte. Enseignants et parents le savent depuis longtemps et réclament depuis des années que toutes les classes soient telles.

Mais ce n’est pas du tout ce qui s’est fait durant cette année scolaire, ni ce qui est prévu pour la rentrée prochaine. Les dédoublements n’ont concerné que 2 200 classes faisant partie des zones classées REP+ (réseaux d’éducation prioritaire renforcés). D’autre part, ils se sont faits au détriment d’autres dispositifs. Ainsi 72 % des dispositifs « Plus de maîtres » ont été supprimés. Or ils permettaient aussi d’encadrer des petits groupes d’élèves. Et c’est sans parler des écoles – 34 % d’entre elles – qui ont été confrontées à des problèmes de locaux.

Il serait donc question d’étendre cette mesure à d’autres classes. Mais combien seront concernées, et avec quels moyens ? En septembre prochain, 5 400 classes de CP et désormais aussi de CE1 seraient concernées. On est donc loin d’une généralisation. Et surtout, les effectifs des enseignants ne suivront pas plus que durant l’année 2017-2018. Les syndicats ont en effet calculé qu’il faudrait près de 5 500 postes supplémentaires. Or le gouvernement n’en a prévu que 3 800.

Blanquer enfonce des portes ouvertes sur le bien-fondé des petits effectifs pour faire progresser les enfants. Mais, comme tout ce qui touche aux services publics utiles aux classes populaires, il faut que cela ne coûte rien.

Aline RETESSE