Solidarité avec les migrants : ce n’est pas un délit

27 Juin 2018

Les avocats de Cédric Herrou et Pierre-Alain Mannoni, condamnés pour avoir aidé des migrants, ont déposé une requête devant le Conseil constitutionnel pour faire déclarer inconstitutionnels les articles de loi en vertu desquels ces verdicts ont été rendus.

Cédric Herrou a écopé en août 2017 de quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé des centaines de migrants dans la vallée de la Roya. Pour Pierre-Alain Mannoni, la peine prononcée a été de deux mois de prison avec sursis pour avoir accompagné trois Érythréennes dans une gare.

Plus d’une douzaine de militants ont ainsi été poursuivis l’an dernier en s’appuyant sur des articles du Code d’entrée et de séjour des étrangers qui punissent l’aide au séjour irrégulier et permettent aux tribunaux de confondre l’aide désintéressée et l’activité criminelle des passeurs.

La devise « Liberté, égalité, fraternité » est proclamée par la Constitution, mais où est la fraternité quand aider quelqu’un dans la détresse devient un crime, demandent les avocats ? C’est effectivement là pure hypocrisie. Les grands principes servent uniquement à orner le fronton des édifices publics mais plus on descend dans les articles de loi, plus on s’enfonce dans la jurisprudence des tribunaux et plus ces mots ronflants se transforment en leur contraire. Il en est de même pour la liberté et pour l’égalité.

Quelle que soit l’issue de cette démarche, elle aura le mérite de dénoncer les condamnations frappant ceux qui témoignent leur solidarité à l’égard des migrants autrement que par des mots.

Daniel MESCLA