Safran – Gennevilliers : grève pour l’embauche d’un intérimaire

27 Juin 2018

Entre lundi 18 et jeudi 21 juin, la quasi-totalité des trois équipes de la Forge de l’usine Safran de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, étaient en grève pour l’embauche d’un intérimaire refusée par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure).

En effet à Safran, qui fabrique des moteurs d’avion, toute embauche d’intérimaire doit être préalablement précédée d’une enquête, comme sur tous les sites classés Défense nationale ou Secret-Défense Une enquête opaque, occulte, dont personne ne connaît le contenu puisqu’elle est réalisée par la DGSI.

Dépendant du ministère de l’Intérieur, cette officine du contre-espionnage procède à une enquête administrative ainsi qu’à une enquête de voisinage. C’est la direction qui au final décide, suivant en général l’avis de la DGSI.

Depuis quelques mois, sur le site de Gennevilliers, plus de douze travailleurs n’ont pas été pris, sur décision de la direction générale, alors que tous avaient un casier judiciaire vierge (un des critères souvent mis en avant). Dans le cas présent, ce travailleur était depuis un an et demi dans l’entreprise. Pendant toute cette période, il a assuré son poste en production sans que la direction invoque quoi que ce soit à son encontre.

Douze intérimaires sur cette usine, mais aussi bien d’autres sur les autres centres se sont vu signifier leur fin de mission sans la moindre explication. Que leur reprochait-t-on ? Ils ne le savent même pas eux-mêmes ! L’omerta barbouzarde est passée par là.

Cette fois-ci, les camarades de la Forge ont refusé cet état de fait et se sont mis en grève. Les trois équipes, environ une trentaine de travailleurs, ont demandé à rencontrer la direction. Le chef du personnel bredouillait, prétendant même ignorer les motifs du refus d’embauche !

Jusqu’au 21 juin, la production s’est arrêtée en Forge, endroit stratégique de la production. Et c’est le responsable du secteur qui a réuni finalement tous les forgerons pour leur dire qu’il était plus que favorable à l’embauche du jeune, mais qu’il ne pouvait rien contre une décision de la direction générale.

La direction a proposé des solutions pour sortir de cette impasse, et a demandé à l’intérimaire d’écrire au Procureur de la République pour un réexamen de sa situation. Certes, d’autres cas, notamment à Corbeil, avaient trouvé un aboutissement favorable suite à une nouvelle enquête mais la direction s’est bien gardée d’appuyer la demande de révision de notre camarade.

Pour autant, les grévistes sont contents de s’être mobilisés pour l’embauche de leur camarade. Il n’y a aucune certitude que sa demande soit satisfaite mais, pour les forgerons, il s’agissait de marquer le coup, de dire stop aux décisions de « droit divin », d’affirmer leur solidarité et d’envoyer un avertissement à la direction. Ils sont bien décidés à suivre l’affaire.

Correspondant LO