Macron au Vatican : entre jésuites

27 Juin 2018

La visite de Macron au Vatican le 26 juin, les 57 minutes d’entretien privé avec le pape suivies de la réception du titre de « chanoine de Latran », à l’intérieur de la basilique du même nom, ont été soigneusement mis en scène par l’Élysée.

Quelques semaines après son discours à la conférence des évêques de France, devant lesquels il avait multiplié les références religieuses et s’était engagé à « renouer le lien entre l’État et l’Église », Macron en a remis une couche pour draguer les électeurs catholiques. Cela en dit long sur cette république qui se prétend laïque et sur tous ceux, dans la caste politique ou au sommet de l’État, qui font mine de contester le communautarisme en le pratiquant eux-mêmes.

Au-delà des voix des électeurs catholiques, Macron venait chercher au Vatican l’onction du pape à la veille du sommet européen du 28 juin. Macron voudrait en effet apparaître comme le champion de l’unité européenne dans un contexte où chaque pays, la France en tête, refuse d’accueillir des migrants tout en reprochant au voisin de ne pas faire preuve de solidarité. Critiqué jusque dans les rangs de sa majorité, il veut faire oublier sa politique révoltante sur l’asile et l’immigration. Le pape ayant lancé plusieurs appels à faire preuve d’humanité envers les migrants et ayant dénoncé les « populismes » qui gagnent en Europe, Macron espère pouvoir profiter un peu de son autorité.

Si les migrants sont parfois secourus et aidés par des humanistes, chrétiens ou non, ils ne peuvent compter ni sur le pape ni sur l’Église catholique, et certainement pas sur Macron et ses petits calculs politiciens pour imposer leur droit à circuler et à séjourner librement en Europe.

Xavier LACHAU