La rougeole en Europe : qui nous vaccinera contre le capitalisme ?

27 Juin 2018

La rougeole, une maladie bénigne de l’enfance quand on est vacciné, fait des ravages en Europe depuis quelque temps. L’an dernier, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) avait enregistré un quadruplement des atteintes par cette maladie, chez les enfants mais aussi chez les adultes, avec 35 cas mortels répertoriés.

En 2018, ce bilan va sans doute être largement dépassé. L’Ukraine à elle seule comptabilise déjà autant de cas (20 500) en moins de six mois que toute l’Europe l’an dernier en douze mois. En cinq mois, 11 malades en sont morts. En Roumanie, autre pays très atteint, on compte les morts par dizaines depuis 2016.

Si l’Ukraine et la Roumanie sont parmi les pays les plus pauvres du continent, la recrudescence de la rougeole frappe également en Grèce, en Italie, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France, où la vaccination contre cette maladie est devenue obligatoire depuis le 1er janvier. Car, et l’OMS ne cesse de le souligner, la non-vaccination des populations favorise la contamination et les ravages de la maladie.

Aujourd’hui, même dans les pays considérés comme riches, la mode pour les États n’est pas ou plus à la protection médicale collective de la population, si tant est qu’elle l’ait jamais été. Dans le domaine des politiques de santé, prévention et économies font mauvais ménage. Les États des pays riches réservent de plus en plus l’argent à leurs capitalistes malades de la crise du système. Dans les pays pauvres ou appauvris par la crise et par plus puissants qu’eux, c’est pire.

On voit donc ressurgir des maladies infectieuses contre lesquelles on sait se prémunir, mais qui font des ravages parce que les moyens ne sont pas ou plus affectés à la prévention, et notamment à la vaccination.

P.L.