Île-de-France : ligne P, comme pourrie

27 Juin 2018

Depuis des années, les usagers de la ligne P, à l’Est de Paris, réclament la modernisation de leur ligne. Sur le seul tronçon desservant La Ferté-Milon (Aisne), on compte en moyenne une trentaine d’annulations par mois. En février, il y en a eu 110. Il faut dire que ce tronçon et celui desservant Provins, également sur la ligne P, sont les derniers d’Île-de-France à ne pas être électrifiés. Les trains sont donc tractés par des michelines à moteur diesel, très polluantes, et connaissant des pannes à répétition. Ces tronçons sont également les derniers de banlieue à utiliser des rames en inox, datant des années 1970. « Dans ces vieilles casseroles, l’été, on cuit, l’hiver, le chauffage ne marche pas toujours, explique une voyageuse, il y a deux ans, on se prenait en photo avec nos plaids. » Alors que les territoires desservis par la ligne P, essentiellement en Seine-et-Marne, voient leur population augmenter rapidement, la fréquentation a explosé : + 28 % en cinq ans sur Paris-Provins, + 40 % sur Paris-La Ferté-Milon. Les usagers sont doublement victimes de l’absence des investissements nécessaires.

L’électrification de la ligne Paris-Troyes, dont fait partie la ligne P Paris-Provins, attendue depuis une trentaine d’années, était prévue pour 2020. Mais l’État vient d’annoncer un nouveau report dans sa part du financement des travaux, soit 40 millions d’euros. Un comité d’usagers dénonce à juste titre le désengagement du gouvernement, reportant de plusieurs années les travaux, dans le contexte de la réforme ferroviaire.

« Ligne P, comme pourrie », disent les usagers. Oui, pourrie… comme le gouvernement.

Michel BONDELET