CP à 12 élèves : et pourquoi pas partout !

27 Juin 2018

Le dédoublement des classes de cours préparatoire a été mis en place à la rentrée 2017 dans les écoles classées en Réseau d’éducation prioritaire plus, c’est-à-dire celles des quartiers les plus pauvres, où sont scolarisés les élèves cumulant les difficultés.

D’après une enquête du SNUIPP, le principal syndicat du primaire, les enseignants plébiscitent cette mesure. Elle permet de travailler en petits groupes et d’accorder plus d’attention à chaque élève.

Tout irait donc bien dans le meilleur des mondes scolaires si les moyens utilisés pour dédoubler ces classes n’avaient pas été pris ailleurs. Les écoles rurales ont été ponctionnées, et le seront encore l’an prochain avec 800 postes supprimés, entraînant parfois des fermetures d’école. Les maternelles paieront elles aussi le prix fort car 900 postes vont y disparaître. De nombreux enseignants sont prélevés parmi ceux destinés à effectuer les remplacements de professeurs absents, ou sur le dispositif « plus de maîtres que de classes » avec lequel les écoles pouvaient se donner un peu de souplesse.

L’an prochain, le dédoublement devrait être étendu dans les mêmes écoles au niveau du CE1, et dans d’autres un peu moins défavorisées au niveau du CP. Mais les bâtiments ne sont pas extensibles, et les problèmes de locaux qui se sont déjà posés cette année demeureront : salles accueillant deux classes, ou parfois créées à la hâte en prenant sur d’autres lieux comme les bibliothèques.

La recette appliquée cette année par le gouvernement dans les écoles prioritaires confirme une évidence que connaissent tous les enseignants depuis la nuit des temps : avec moins d’élèves, on apprend mieux. Le corollaire en est que, avec plus d’élèves par classe, l’enseignement se détériore ailleurs.

Pour une éducation digne de ce nom, il faut mettre des moyens partout, et ne pas seulement se contenter de déshabiller le petit Pierre pour habiller le petit Paul comme le fait le gouvernement.

D. M.