Smovengo – Paris : les grévistes de Vélib’ licenciés

20 Juin 2018

La direction de Smovengo n’a pas toléré la grève de son personnel. Elle n’a pas toléré que des travailleurs osent lui tenir tête en revendiquant collectivement. Elle licencie aujourd’hui tous ceux qui ont refusé de se soumettre.

Elle voulait les faire passer un par un devant elle pour qu’ils s’inclinent et acceptent ses conditions. Elle n’y est pas arrivée et se venge en licenciant tous ceux qui étaient encore grévistes, au nombre de 25. Pour elle, le droit de grève, les droits des travailleurs, ça n’existe pas. C’est le règne de son bon vouloir. Il n’est qu’à voir comment sont rédigés les contrats de travail.

Avec les ordonnances Macron et les attaques contre le Code du travail, les patrons se sentent pousser des ailes pour faire voler en éclats les droits des salariés.

Smovengo avait dès le départ refusé le transfert collectif des contrats des anciens de Cyclocity. Il a fallu la grève pour qu’il reprenne une partie des salariés, individuellement et avec une clause les faisant renoncer à réclamer les conditions antérieures. Leurs revendications portaient principalement sur les conditions de travail dégradées et sur le retour aux conditions salariales anciennes : la prime de panier qui était de 12 euros est passée à 5,73, la majoration des heures de nuit est passée de 45 % à 10 %, en même temps que le travail de nuit et des week-ends s’est généralisé avec un planning de travail intenable. Cela alors que Smovengo s’était engagé à maintenir des conditions salariales équivalentes.

La direction a répondu par le mépris, les huissiers, les vigiles. Mais, voyant que la grève tenait, au bout de trois semaines elle a découvert qu’un préavis n’avait pas été déposé et a saisi le tribunal pour faire déclarer la grève illicite, invoquant sa fonction de service public. Service public qu’elle honore très bien, comme s’en aperçoivent les usagers des Vélib’ !

Smovengo peut sortir toute sa panoplie répressive et tenter d’écraser toute contestation, elle n’en a pas fini avec la réaction des travailleurs. On n’est plus à l’époque de l’esclavage, même si les dirigeants de cette entreprise s’y croient encore.

Dans les mêmes locaux que les salariés Smovengo travaillent aussi d’autres anciens de Cyclocity, mais que Smovengo emploie via une autre entreprise : Vitaservices, du groupe Vitamine T qui est une entreprise d’insertion. Pourquoi une entreprise d’insertion pour des salariés qui travaillaient depuis des années ? Pourquoi le travail éclaté, une multiplicité de statuts, si ce n’est pour tirer au maximum profit du personnel ?

Les dirigeants de Smovengo sont des escrocs qui méprisent les salariés comme ils méprisent les usagers des Vélib’. Cela apparaît de plus en plus au grand jour. Le transfert du marché à cette société s’est avéré une catastrophe pour les travailleurs mais aussi pour les usagers, et pour les finances des habitants de Paris Métropole qui vont avoir à payer cette gabegie.

Quant à l’exécutif parisien et à la présidence du syndicat mixte Autolib’-Vélib, tenus par le Parti socialiste, ils ont non seulement refusé de recevoir les grévistes mais ont repris les arguments fallacieux de Smovengo sur le caractère prétendument illicite de la grève.

Correspondant LO