Privatisations : retardées par la grève ?

20 Juin 2018

Outre des mesures généralement favorables au patronat, la loi Pacte contient également l’annonce de privatisations. L’État va céder pour près de 15 milliards d’euros d’actions qu’il possède dans les entreprises Aéroport de Paris (ADP), la Française des jeux et Engie (ex-GdF Suez).

Une fois qu’il aura privatisé en vendant ses actions à bas prix à des capitalistes qui auront fait là une bonne affaire, l’État mettra l’argent récupéré dans un fonds pour l’innovation et l’industrie. C’est-à-dire que cet argent servira à subventionner les profits patronaux. Des deux côtés, les capitalistes sont gagnants.

Tout cela est alléchant pour le patronat qui attendait ces annonces avec impatience. Pourtant, selon la presse, la publication de la loi Pacte aurait justement été retardée à cause de cette partie de la loi sur les privatisations. Ce qui aurait poussé le gouvernement à attendre serait la crainte de réactions ouvrières, « alors que le conflit à la SNCF peine à se terminer et que ces privatisations suscitent déjà de vifs questionnements chez les salariés des entreprises concernées », écrit le journal Les Échos.

Le gouvernement justifie sa politique en invoquant les nécessités économiques, la compétitivité, etc. Mais ce sont des prétextes et il sait très bien que l’accumulation de mesures antiouvrières risque tôt ou tard de déclencher des réactions des salariés. Son travail consiste justement à prendre toutes les mesures que la grande bourgeoisie lui réclame, tout en s’arrangeant pour ne pas provoquer d’explosion sociale. Mais elle est inévitable.

P. R.