General Electric : promesses de patron, promesses bidon

20 Juin 2018

Lors du rachat de la branche énergie d’Alstom en 2014 pour la modique somme de 13,5 milliards de dollars, le trust américain General Electric (GE) s’était engagé à créer mille emplois en France d’ici fin 2018. C’est un certain Emmanuel Macron, ministre des Finances, qui avait donné l’aval du gouvernement Hollande pour cette vente.

GE a maintenant annoncé que l’engagement des mille postes était « hors d’atteinte » du fait de supposées difficultés économiques dans le secteur. Il faudra se contenter des 323 emplois que GE affirme avoir créés en France… tout en en ayant supprimé beaucoup plus dans toute l’Europe.

Aujourd’hui c’est au tour de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et Muriel Pénicaud, ministre du Travail de Macron, de monter au créneau pour faire semblant de s’en prendre à GE qui ne tient pas ses promesses. Bruno Le Maire qui, en novembre 2017 assurait encore être certain que GE tiendrait ses engagements, dit aujourd’hui « regretter vivement cette situation ». Muriel Pénicaud annonce que GE devra payer les indemnités prévues dans le contrat de vente, à savoir 50 000 euros par emploi non créé. Au total cela ferait donc 34 millions d’euros à payer pour GE.

Mais dans ce petit jeu entre ministres et PDG, c’est bien sûr le PDG qui décide et les ministres qui font mine de monter le ton… en sachant bien que ce sont des paroles en l’air. Et même si GE payait les 34 millions dont parle Pénicaud, ce qui est improbable, cela ne serait qu’une goutte d’eau pour cette multinationale qui, pour 2016, a annoncé 105 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 8,1 milliards de profits.

Les gouvernements et les trusts comme GE se donnent la main pour jouer avec les emplois et la vie des travailleurs et en tirer profit. Et quand les ministres font mine de verser des larmes de crocodiles, les PDG leur passent les mouchoirs.

Cédric DUVAL