Fonctionnaires : salaires toujours bloqués

20 Juin 2018

Sans surprise, le secrétaire d’État à la Fonction publique Olivier Dussopt a annoncé lundi 18 juin une nouvelle année de blocage du salaire des fonctionnaires. En dix ans, la valeur du point d’indice, qui sert de base au calcul des rémunérations de ces plus de 5 millions de salariés, n’aura augmenté que de 0,6 %.

Pour justifier ce nouveau report, le gouvernement met en avant des mesures anecdotiques, sur la hausse du remboursement des frais de mission, la remise en route du plan de rattrapage très insuffisant adopté sous Hollande ou encore une amélioration de la compensation de la hausse de la CSG. Mais la réalité est que le pouvoir d’achat des fonctionnaires va une nouvelle fois baisser, de même souvent que leur salaire net, avec la hausse des cotisations retraite qui se poursuit.

Non seulement le gouvernement s’oppose à ce que les salaires suivent ne serait-ce que l’inflation officielle, mais il prépare ouvertement des attaques massives. Après la mise en place depuis le 1er janvier du non-remboursement d’un jour de carence en cas d’arrêt maladie, l’objectif affiché du gouvernement est de supprimer 120 000 postes d’ici la fin du quinquennat.

De plus, Macron veut encore augmenter la précarité, qui touche déjà plus d’un million de salariés de la fonction publique : non-remplacement des fonctionnaires partants, embauche au compte-gouttes avec des contrats courts, changement du statut des fonctionnaires pour les rendre encore plus corvéables.

Ce que le secrétaire d’État à la Fonction publique appelle introduire de la souplesse et de la liberté n’est rien d’autre que ce que veut faire le gouvernement aux cheminots de la SNCF et ce que met en œuvre le patronat contre l’ensemble des salariés. Il s’agit de faire disparaître les protections collectives, pour atomiser les travailleurs, les payer toujours moins tout en augmentant le travail qu’ils doivent fournir.

Fonctionnaires ou pas, c’est l’ensemble des travailleurs qui sont attaqués par ce gouvernement. C’est tous ensemble qu’ils pourront y répondre.

Gilles BOTI