États-Unis : enfants migrants en rétention

20 Juin 2018

En cinq semaines, du 5 mai au 10 juin, les autorités américaines ont séparé 2 300 enfants de leurs parents, brisant ainsi les familles entrées illégalement aux États-Unis en passant par le Mexique.

Les parents sont traités comme des criminels, car on leur interdit d’émigrer légalement, et envoyés en prison en attente d’un jugement et d’une expulsion, pendant que leurs enfants sont internés dans des centres de détention spéciaux. Le sort de ces enfants isolés de force et gardés prisonniers a créé dans le pays une grande indignation face à l’inhumanité des autorités.

Même Melania Trump, la femme du président, a fait savoir par sa porte-parole qu’elle « déteste voir des enfants séparés de leur famille », pendant que Laura Bush, femme d’un ancien président républicain, compare cette opération à l’internement des familles de japonais-américains pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Tout d’abord le ministre de la Justice, Jeff Sessions, a nié l’évidence en déclarant : «Nous ne voulons pas séparer les enfants de leurs parents. » Ce mensonge étant trop gros pour être avalé, Trump et son équipe ont dû se justifier en rejetant la faute sur les présidents démocrates qui en avaient fait autant dans le passé et en expliquant qu’à présent des lois votées par les majorités démocrates sont appliquées en vertu d’une « tolérance zéro ». Il est vrai que l’administration Obama a fait la chasse aux sans-papiers sur une grande échelle. Mais en quoi cela rend-il la politique de Trump meilleure ?

Trump profite de la tempête médiatique pour proférer ses habituels mensonges, destinés à faire plaisir à la frange la plus réactionnaire des électeurs. Il a ainsi déclaré que « les États-Unis ne deviendront pas un camp de migrants » et que les parents franchissant la frontière « pourraient être des meurtriers, des voleurs ou encore pire ». Sa porte-parole a rajouté que « les parents qui entrent dans le pays illégalement sont par définition des criminels (…) qui mettent leurs enfants en danger ». Autrement dit les victimes, des migrants obligés de partir de leurs pays d’autant plus pauvres et livrés aux gangs qu’ils sont soumis à la domination impérialiste américaine, seraient les coupables.

Voilà comment le pays le plus riche du monde ferme ses portes, ses dirigeants montrant toute leur inhumanité, et celle du système qu’ils défendent.

Lucien DÉTROIT