Comptes publics-fortunes privées : les vases communicants

20 Juin 2018

Macron a doté le ministre des Comptes publics d’une mission claire : tondre les budgets intéressant les travailleurs pour fournir la laine aux capitalistes.

Les économies sur l’hôpital ont ainsi continué, et il s’agirait de gagner encore un milliard dans l’année qui vient, ce qui ne peut se faire qu’au détriment des patients et du personnel. Le gouvernement aurait aussi économisé deux milliards d’euros en supprimant des centaines de milliers d’emplois aidés, créant autant de sans-travail et perturbant l’activité des municipalités, des établissements d’enseignement et des associations. Et, même si la ministre des Solidarités le nie encore, il est bien question d’économiser 7 milliards sur les aides sociales, poussant un peu plus dans le besoin des millions de familles.

Le gouvernement vient également de décider de geler, une année de plus, les salaires des fonctionnaires. Il a, comme tous les employeurs, massivement recours au travail précaire, réduisant d’autant la masse salariale, déjà amputée au fur et à mesure des suppressions de postes. L’État se prépare de plus à économiser sur les retraites de ses employés, y compris de ceux qui sont déjà partis.

En revanche, malgré la promesse de ne pas augmenter les impôts, le gouvernement a augmenté la CSG sur les retraites, récoltant ainsi 4,5 milliards d’euros chaque année. Il va augmenter la TVA dite réduite sur la restauration, ce qui touchera des millions de travailleurs qui déjeunent d’un sandwich ou d’un plat. Et, comme toujours, l’État perçoit un pactole croissant avec les taxes sur les carburants et prend sa part sur chaque euro dépensé.

Ne doutons pas que le ministre des Comptes publics, ses conseillers et ses collègues du gouvernement trouveront d’autres idées pour des ponctions sur les classes populaires. Car il leur faut payer les cadeaux faits aux très riches. Il y a d’abord eu la quasi-suppression de l’impôt sur la fortune, la baisse des impôts sur les bénéfices, une série d’exemptions n’intéressant que les plus gros contribuables. Il y a évidemment le fait que l’État tolère, voire organise par ses lois la non-imposition des grandes fortunes. Il y a surtout la politique constante d’aide au grand capital, comme assureur bénévole, courtier, avocat, représentant de commerce international, marieur et meilleur client.

Lundi 18 juin encore, le gouvernement annonçait la signature de contrats militaires propres à remplir les caisses de Dassault, Airbus et quelques autres pour les vingt ans qui viennent. Il les paiera avec quelques-uns des milliards volés à la population travailleuse sous prétexte d’équilibre des comptes publics.

Paul GALOIS