Salon de l’armement : la mort made in France

13 Juin 2018

Au salon de l’armement terrestre Eurosatory, tout ce que la planète compte de marchands de canons est venu exposer ses productions. Avec 598 exposants sur près de 2 000, la France tient largement son rang dans ce sinistre rassemblement, où sont mis en valeur les engins de mort financés par les impôts de la population.

En ouverture, la ministre des Armées Florence Parly a fait la promotion des blindés français, avec l’argument qu’ils sont produits par une puissance dont l’armée est en guerre sur plusieurs continents et a pu les expérimenter. Pour que les choses soient bien claires, elle a annoncé la production d’un nouvel engin baptisé Serval, comme l’opération militaire de 2013 au Mali. Ce blindé léger n’est qu’une partie d’un programme plus vaste, Scorpion, prévu dans la nouvelle loi de programmation militaire. Celle-ci prévoit également la production d’un char lourd baptisé Griffon, d’un blindé de reconnaissance du nom de Jaguar, et la rénovation de 122 chars lourds Leclerc. Même vieillissants, ceux-ci trouvent encore preneur sur le marché. Les Émirats arabes unis en ont acheté des centaines depuis leur mise en service et en ont envoyé au Yémen. On espère, au ministère de la Défense, que son programme de rénovation aura le même succès commercial. En outre, l’armée s’étant avisée tardivement que le Griffon était finalement un peu trop lourd, elle a lancé un appel d’offres pour un blindé plus léger.

Tous ces engins seront payés par les contribuables, pour une somme qui devrait se monter à une dizaine de milliards, et qui sera sans doute dépassée, comme pour chaque programme. Le gouvernement a même accéléré la production, et la moitié du programme devra être livrée en 2025, pour 6 milliards d’euros.

L’armée française utilisera ces matériels pour défendre les intérêts de l’impérialisme dans de nouvelles opérations et les industriels de l’armement en tireront d’immenses profits. Les populations, elles, verront leurs villes dévastées et risqueront la mort sous les obus de ces engins sponsorisés par la ministre.

Daniel MESCLA