Eiffage – Angers : augmentez les salaires !

13 Juin 2018

Vendredi 8 juin, à Angers, 25 ouvriers étaient en grève sur la quarantaine employée par Eiffage construction sur les chantiers de la nouvelle patinoire et de l’hôtel Quatuor. Cette grève à l’appel de la CGT, pour exiger une augmentation de 60 euros brut, était la sixième depuis le 23 avril.

Lors des dernières négociations annuelles obligatoires (NAO), la direction régionale d’Eiffage construction, basée à Nantes, n’a lâché que 1,7 % d’augmentation. Sur la fiche de paye, cela donne une hausse dérisoire, en particulier au regard du quasi-gel des salaires imposé ces cinq dernières années. À cela s’ajoute le fait que, pendant la même période, les effectifs d’Eiffage construction dans le Maine-et-Loire sont passés de près de 140 à seulement 93 salariés. Moins d’ouvriers sur les chantiers, mais pas moins de travail, cela se traduit par une charge de travail plus lourde pour chacun. Eiffage a également de plus en plus recours à la sous-traitance, une autre manière d’accroître les profits, puisque les salaires y sont inférieurs et les salariés jetables en fin de chantier.

Vendredi 8 juin, la grève a été marquée par la jonction avec la mobilisation des cheminots d’Angers, en grève eux aussi ce jour-là. Les cheminots ont d’abord rejoint les ouvriers d’Eiffage sur leur piquet de grève, devant le chantier de l’hôtel, situé à deux pas de la gare. Puis ceux d’Eiffage ont suivi les cheminots jusqu’à leur local, où s’est tenu un barbecue collectif. Les uns et les autres ont dit leur satisfaction de se retrouver au coude à coude pour défendre leurs droits, et la conviction que c’est bien par des luttes collectives ralliant tous les travailleurs, au-delà des différences professionnelles, qu’on pourra changer la donne.

Si la direction régionale d’Eiffage construction se permet pour l’instant de faire la sourde oreille, la multiplication des journées de grève, à chaque fois suivies par au moins la moitié des travailleurs, ralentit l’avancée des chantiers. Les travailleurs d’Eiffage sont déterminés à maintenir cette pression sur le patron, jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites. En 2017, le groupe Eiffage a réalisé un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros et le bénéfice net a bondi de 23 % : en prenant sur les dividendes des actionnaires, il y a donc largement de quoi augmenter les salaires.

Correspondant LO