Airbus – Blagnac : “Les salariés STTS sont inSATYSfaits !”

13 Juin 2018

C’est le titre de l’une des banderoles des peintres SATYS-STTS, sous-traitant d’Airbus Blagnac, en région toulousaine, qui sont en grève à 100 %. Ils réclament une augmentation du taux horaire de 2,50 euros brut, le treizième mois, des jours pour enfant malade, des tickets restaurants et des embauches.

Samedi 2 juin, le ras-le -bol a éclaté ; les peintres en équipe de week-end ont décidé de partir en grève. Le lundi suivant, ils étaient rejoints par tous ceux de semaine, soit près de 150 peintres au total.

STTS comprend cinq salles de peinture sur le site AéroConstellation, deux salles où l’on peint les avions A320 et trois salles où l’on peint les Long Range (A330 et A350). Dans les salles A320, on accède à l’avion à partir de « docks », c’est-à-dire des échafaudages qu’il faut monter, descendre sans cesse. Dans les salles LR, on accède à l’avion à partir de nacelles ; c’est un autre type de fatigue et il ne faut pas avoir le vertige. Si, depuis quelques années, cela va à peu près pour les équipements de protection individuelle tels que la tenue protectrice, le masque propre à la peinture ou au ponçage, ou la ventilation, là où ça ne va pas, c’est que le patron grignote sur tout le reste.

Déjà, il y a quatre ans, il avait voulu diminuer les pauses, qui sont d’une demi-heure de repos toutes les heures et demie de travail. Des travailleurs avaient fait grève et le patron avait dû reculer.

Aujourd’hui, comme dans la plupart des entreprises, la fréquence de la visite médicale est passée à deux ans.

Pourtant, ces travailleurs font un métier à haut risque : les peintures contiennent souvent des chromates qui sont cancérogènes ; les solvants utilisés sont dangereux ; les particules de poussière de métal ou autre produites suite à une opération de ponçage ou lors d’un décapage peuvent s’infiltrer partout…

Le pire, c’est le sous-effectif récurrent. Pour peindre un A350 par exemple, il faut dix jours avec des équipes de douze travailleurs bien souvent, ils ne sont que dix, voire huit ! Pour un A320, il faut cinq jours et il arrive qu’ils ne soient que trois par équipe. De plus, Airbus demande que le cycle de peinture sur l’A350 soit encore réduit d’un jour.

Quant aux intérimaires à qui SATYS-STTS propose un salaire de 10,27 euros brut de l’heure à l’embauche, ils ne restent pas.

Pour le moment, la direction de SATYS-STTS fait la sourde oreille. Elle a proposé d’organiser des groupes de travail, puis le PDG est venu, soi-disant pour écouter. En fait, il joue la montre pour mieux protéger les actionnaires. Car il a récemment su trouver de l’argent pour acheter une entreprise espagnole !

Les peintres, eux, essayent de populariser leur grève. Mercredi 6 juin, ils ont discuté avec les travailleurs d’Air France Services en filtrant les entrées. Le lendemain, ils ont distribué des tracts à Airbus, de même que le vendredi 8 à trois ronds-points où passaient de nombreux travailleurs.

Ayant planté leurs tentes et installé barbecue et terrain de foot sous les fenêtres du siège social, au fil des nuits et des jours, c’est avec détermination qu’ils attendaient la nouvelle réunion avec le patron, mardi 12 juin.

Correspondant LO