Service national universel : les jeunes dans le viseur

06 Juin 2018

On ne sait pas encore très bien ce que sera vraiment le projet de service national universel porté par Macron et le gouvernement. Mais on sait déjà qu’il dresse contre lui des organisations de jeunesse, comme les syndicats étudiants et lycéens, qui dénoncent un « cadre obligatoire, rigide et contraignant ».

Agité par Macron dans sa campagne présidentielle, ce service national pourrait contraindre les jeunes à être à la disposition de l’État durant un mois avant 18 ans et durant trois à six mois avant 25 ans.

Pour faire quoi ? Cela reste à définir. L’idée de Macron « de donner à la jeunesse de France des causes à défendre, des combats à mener » débouchera certainement en partie sur du travail non payé et très peu encadré, à l’heure où le gouvernement est engagé dans l’austérité et la suppression massive d’emplois publics. Même les généraux ne veulent pas que l’armée encadre les centaines de milliers de jeunes concernés annuellement : ils préfèrent acheter de l’armement.

Mais l’essentiel n’est pas là. Faisant semblant de croire que ce service pourrait régler en quelques mois ce que le système scolaire ne peut pas faire en des années, Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, vante « un très beau sujet d’unité nationale, qui permettra d’avoir dans le futur un creuset républicain retrouvé ». Les lycéens à qui le ministre et sa plateforme Parcoursup viennent de claquer la porte des études supérieures sur les doigts apprécieront ce creuset et cette unité à leur juste valeur...

Ainsi, c’est sur le dos des jeunes que va retomber cette démagogie gouvernementale qui décidément ne prend pas car elle est contredite tous les jours par les injustices de la société capitaliste.

En obligeant les jeunes à traîner pendant des mois le fardeau de cette propagande gouvernementale, ce gouvernement leur fera vivre directement la contradiction entre les discours officiels et la réalité. Il leur apprendra en fin de compte à se défier des autorités. Cette leçon-là au moins leur sera utile dans la vie...

Lucien DÉTROIT