Naufrage de migrants : morts pour fuir la misère

06 Juin 2018

Samedi 2 juin, au moins 48 migrants, originaires de Tunisie, mais aussi d’Afrique subsaharienne, ont trouvé la mort suite à un naufrage au large de Sfax, ville portuaire située sur le littoral tunisien. Seules 68 personnes ont pu être sauvées.

Selon le responsable de la coordination des secours, « le bilan devrait malheureusement s’alourdir à plus de cent morts car le nombre d’occupants total du bateau était d’environ 200 personnes, selon les témoignages des rescapés ».

D’après des chiffres officiels italiens, les Tunisiens qui sont parvenus à atteindre la péninsule auraient été au nombre de 6 150 en 2017, soit 7,5 fois plus qu’en 2016. Les tentatives, quant à elles, sont beaucoup plus nombreuses. En octobre dernier déjà, 46 migrants étaient morts après le naufrage de leur embarcation entrée en collision avec un navire militaire tunisien au large de Kerkennah, cette île située à une vingtaine de kilomètres de Sfax et devenue la principale plateforme tunisienne de départs de migrants vers l’île italienne de Lampedusa. Depuis le début de l’année 2018, les Tunisiens sont, après les Érythréens, la deuxième nationalité à migrer vers l’Italie alors qu’ils étaient au huitième rang en 2017. La plupart viennent de régions très touchées par la crise.

Ce nouveau drame intervient alors que le nouveau ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, s’est rendu dimanche 3 juin en Sicile pour défendre sa politique anti-immigration, et que, partout en Europe, des mesures pour mettre un frein à la libre circulation des migrants sont prises par les différents gouvernements. La crise pousse des hommes et des femmes toujours plus nombreux à risquer leur vie pour tenter de parvenir en Europe. Cette crise, les capitalistes de ces mêmes pays en sont les premiers responsables ; des capitalistes dont des politiciens comme Salvini et bien d’autres sont les fidèles serviteurs.

Aline RETESSE