Lycée Paul-Éluard – Seine-Saint-Denis : mobilisation contre Parcoursup

06 Juin 2018

Jeudi 31 mai, les lycéens de Paul-Éluard à Saint-Denis ont bloqué l’entrée de leur établissement pour protester contre Parcoursup, dispositif censé, d’après le ministère, régler les problèmes d’engorgement à l’université.

Le mardi précédent, ils s’étaient réunis à environ 130 en assemblée générale. À cette occasion, ils ont passé un diaporama, rappelant quelques chiffres qui montrent la discrimination sociale et territoriale dont ils sont victimes. Le 22 mai, jour des premiers résultats de Parcoursup, 35 % des terminales avaient reçu une réponse positive contre 52 % à l’échelle nationale. 1 % s’était vu refuser toute affectation et 64 % étaient en attente. Les plus touchés sont les élèves des sections technologiques.

Mais ce qui inquiétait nombre de lycéens était leur classement dans les facultés les plus demandées. Beaucoup d’entre eux pensent que les portes des universités les plus prestigieuses leur sont fermées de toute façon. Quand on se retrouve 8000e sur la liste pour la Sorbonne, on a peu de chances d’y entrer. De nombreux jeunes ont d’ailleurs tenu à dire que le problème n’était pas le logiciel adopté, mais bien le nombre de places en faculté. Ils étaient 40 000 de plus en 2017 à accéder à l’enseignement supérieur, et certainement tout autant cette année, alors que le gouvernement n’a prévu que 22 000 places supplémentaires. Et encore, ces places n’ont pas été budgétées et sont très souvent plus théoriques qu’effectives.

Les lycéens sont donc bien conscients que nombre d’entre eux n’auront au mieux que des vœux par défaut, dans des cursus qu’ils n’ont pas vraiment choisis et, au pire, rien du tout.

Le rassemblement devant la porte de Paul-Éluard s’est transformé en blocus, puis les lycéens se sont rendus à une centaine à la mairie où ils ont été reçus en délégation par le maire PCF et le député France insoumise qui leur ont promis leur soutien. Au retour, les manifestants ont eu la surprise de voir de nombreux médias représentés. « Le pays manque de médecins, d’avocats. Nous sommes tous des médecins et des avocats en puissance, si on nous laisse étudier », a déclaré l’une des déléguées devant les caméras.

Rendez-vous a été pris après le bac, le 24 juin, pour s’organiser et épauler ceux qui se trouveraient sans place à la rentrée !

Correspondant LO