Clinique Capio – Toulouse : patrons-voyous

06 Juin 2018

Cinq travailleurs roumains, embauchés en sous-traitance sur un chantier de Quint-Fonsegrives, près de Toulouse, ne sont plus payés depuis deux mois par l’obscure société sous-traitante qui les a recrutés. Le syndicat CGT du bâtiment leur est venu en aide et leur verse de l’argent sur une caisse de solidarité pour qu’ils puissent au moins se nourrir.

Le chantier, c’est celui d’une clinique du groupe Capio qui se construit à Quint-Fonsegrives. C’est la société Axima, membre du groupe Engie, qui a obtenu le lot plomberie et chauffage. Mais comme beaucoup d’entreprises du BTP, celle-ci, plutôt que de recruter les travailleurs elle-même, s’est débarrassée de cette tâche sur une société sous-traitante qui n’a ni antenne ni locaux à Toulouse, mais qui recrute pour plusieurs chantiers partout en France : un de ces négriers marchands de main-d’œuvre à bon marché comme il y en a beaucoup.

Ces ouvriers ont travaillé six jours sur sept et huit heures par jour, payés 35 heures, et la plupart ont un contrat qui n’a rien à voir avec le chantier en cours : une exploitation éhontée qui n’a guère dérangé Axima-Engie. Ayant été mise en redressement judiciaire, la société sous-traitante a cessé de payer les ouvriers depuis deux mois, et ne donne plus signe de vie. Il y a gros à parier qu’elle se mette en liquidation judiciaire, ce qui la ferait disparaître pour renaître sous une autre appellation, comme beaucoup de ses consœurs.

Le syndicat CGT pointe la responsabilité d’Axima-Engie dans l’affaire, et à juste titre : car bien des sociétés capitalistes pratiquent la sous-traitance en cascade, que ce soit dans le BTP, le nettoyage ou la sécurité, voire les administrations. Ces donneurs d’ordres peu regardants sur les conditions de travail sont en fait totalement complices des pratiques scandaleuses des patrons-voyous de la sous-traitance.

Les salariés demandent à être payés comme il se doit, et de pouvoir vivre de leur travail. Que le donneur d’ordres Axima-Engie paie leurs salaires et les embauche serait la moindre des choses.

Correspondant LO