Catacombes de Paris : la direction tombe sur un os

06 Juin 2018

C’est une première, une grève aussi longue dans un musée de Paris. Le 3 mai, la grève a éclaté dans les Catacombes suite à la dégradation des conditions de travail.

Le musée des Catacombes marche fort avec 530 000 visiteurs en 2017 à 13 euros l’entrée, voire 29 euros pour les billets coupe-file. Mais cette affluence se répercute sur les travailleurs et sur leurs conditions de travail.

Après avoir alerté de nombreuses fois la hiérarchie sur le manque d’effectif, les vingt agents de surveillance et d’accueil des Catacombes ont dit stop ! Ils dénoncent le mépris de la hiérarchie pour leurs conditions de travail, leur santé, les pauses impossibles, leur inquiétude en cas de nécessité d’évacuation de deux cent personnes, la gestion difficile de l’attente des visiteurs, le manque de matériel pour faire leur travail. Cela alors qu’ils travaillent tous les samedis et un dimanche sur deux, avec aussi des semaines de six jours.

Les grévistes tiennent le piquet de grève tous les jours, empêchant la direction de les remplacer par des vacataires. Réunis en assemblée générale, ils ont décidé de revendiquer vingt embauches et la hausse de la prime « ossuaire » (pour leur travail durant des heures en souterrain) de 61,80 euros actuellement à 200 euros par mois.

La direction a pour l’instant joué le pourrissement, mais la grève tient car la colère est à son comble contre la direction. C’est une direction pas comme les autres, car il s’agît de Paris Musées, qui emploie mille salariés dans les musées parisiens et qui est présidée par Bruno Julliard, adjoint à la culture à la mairie de Paris. Dans sa jeunesse, il s’était fait connaître à l’Unef et au PS durant la lutte contre le contrat première embauche (CPE). Aujourd’hui il combat les travailleurs en grève.

Les grévistes sont venus à la manifestation du 26 mai. Ils multiplient les actions pour faire connaître leur grève et obtenir des soutiens financiers, car les payes sont fortement diminuées. Ils se rendent aussi à des assemblées générales de cheminots et ont le soutien de postiers et de travailleurs de l’Éducation nationale.

Dans un tract en anglais, ils expliquent aux touristes étrangers les motifs de leur grève : « a dignified and fair treatment of the agents by the supervisory staff ». Du coup, bien des touristes versent à la caisse de solidarité ; les mauvais « treatments » par le « supervisory staff », chacun sait et comprend de quoi il s’agit.

Une rencontre avec la direction était prévue mardi 5 juin.

Correspondant LO