Carrefour : au mépris de la population

06 Juin 2018

Carrefour a annoncé la fermeture d’ici fin juillet d’un minimum de 243 magasins ex-Dia, actuellement sous enseigne Carrefour contact, city ou market.

Tous ces magasins de petit format emploient en moyenne moins de dix salariés par unité et sont souvent implantés dans des quartiers populaires au milieu ou à proximité de cités. C’est dire que ces fermetures sont une catastrophe pour au moins 1 900 travailleurs qui vont perdre leur emploi. C’est aussi un mauvais coup pour les habitants des cités, en particulier les plus vieux, pour qui faire leurs courses quotidiennement près de chez eux sans avoir trop à porter était bien pratique. Mais de tout cela, les actionnaires de Carrefour n’ont rien à faire.

On ne cesse de parler du développement de services de proximité. Dans les quartiers bourgeois, ou à fort pouvoir d’achat, il est réel. Les enseignes de la grande distribution alimentaire rivalisent pour s’installer au plus près des habitants. C’est tout l’inverse dans les quartiers populaires.

Ainsi à Cholet, le Simply Market situé au cœur de la cité Jean-Monnet a fermé le 18 mai. Le supermarché était pourtant bien utile à nombre de ses habitants. Il faisait partie du décor quotidien, comme le marché du jeudi et le bureau de poste dont les habitants craignent désormais la disparition. Et pour les dix salariés du magasin, la fermeture se double de la part de leur direction d’une provocation : une première « proposition » de reclassement en Pologne, Russie ou Italie comme le rapporte le quotidien Ouest-France.

Cela illustre tout le mépris de la famille Mulliez, propriétaire du groupe Auchan et de Simply Market. Elle a bâti sa fortune en encaissant des milliards dans le monde entier, mais n’hésite pas, comme les richissimes actionnaires de Carrefour et comme tous les capitalistes, à semer la désolation et la misère là où elle fait disparaître les emplois.

Philippe Logier