Rafle au lycée Arago : le gouvernement joue l’intimidation

30 Mai 2018

Le 22 mai, entrés dans le lycée Arago, dans le 12e arrondissement de Paris, pour tenir une assemblée générale contre Parcoursup au moment de la dispersion de la manifestation des travailleurs des services publics, une centaine de lycéens d’établissements parisiens en ont été délogés par plusieurs centaines de CRS.

Ils ont été retenus pendant des heures dans les fourgons de la police, avant de passer près de 48 heures en garde à vue. Les parents ne savaient pas où se trouvaient leurs enfants, dispersés dans plusieurs commissariats parisiens, alors qu’une ordonnance de 1945 impose de les prévenir dès qu’un mineur est placé en garde à vue.

Au bout du compte, 67 d’entre eux ont été déférés devant un juge, dont 27 mineurs. La plupart ont reçu un simple rappel à la loi, mais des mises en examen ont été notifiées, notamment pour des mineurs.

Selon le parquet de Paris, les deux infractions retenues lors des gardes à vue et ensuite pour les poursuites judiciaires sont « l’intrusion dans un établissement d’enseignement scolaire » et « la participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations », passibles chacune d’un an de prison et, respectivement, de 7 500 euros et 15 000 euros d’amende.

C’est le procureur de la République et en fait, derrière lui, le ministère de l’Intérieur qui réclament cette fermeté. L’objectif est assez clair : intimider les jeunes pour qu’ils restent à leur place, en silence, et intimider les parents pour qu’ils retiennent leurs enfants de manifester.

Les arrestations et leur traitement juridique ont plutôt suscité la colère. Déjà, mardi 29, un rassemblement de protestation a eu lieu devant le lycée. Lutte ouvrière s’associe aux rassemblements organisés pour protester contre ces tentatives d’intimidation et exiger la levée des poursuites.

B.S.