Fonction publique : les travailleurs manifestent

23 Mai 2018

Les manifestations du mardi 22 mai, à l’appel de l’ensemble des directions syndicales de la fonction publique, ont regroupé dans une centaine de villes des dizaines de milliers d’infirmières, d’enseignants, de conducteurs de bus, de postiers, en grève contre la politique du gouvernement.

Macron avait annoncé lors de la campagne présidentielle sa volonté de supprimer 120 000 postes dans la fonction publique. En juin, un Comité action publique 2022 constitué de 34 prétendus experts doit rendre publiques des propositions pour « rendre l’État plus efficace ». Le gouvernement a beau envoyer des émissaires raconter qu’il ne touchera pas au statut de la fonction publique, tout le monde comprend bien que les mesures envisagées sont une déclaration de guerre contre les travailleurs du public et donc contre toute la classe ouvrière.

Pour ce qui est des emplois, il serait envisagé un plan de départs volontaires.

Plusieurs décès intervenus récemment ont une nouvelle fois montré à quoi aboutit la politique de suppressions d’emplois menée depuis des décennies dans les services des Urgences des hôpitaux. Mais le gouvernement veut l’aggraver encore et mettre encore plus en danger les malades et les travailleurs. La charge de travail va augmenter pour tous et les conditions de travail se dégrader encore dans les hôpitaux, les Ehpad, les écoles, les collèges, les administrations. En même temps, le gouvernement a déclaré qu’il veut augmenter le nombre de contractuels, alors que d’ores et déjà 21,7 % des emplois publics sont occupés par des salariés qui ne sont pas des fonctionnaires. Certains sont en CDI, mais d’autres enchaînent des CDD depuis des années, que ce soit à La Poste, dans l’Éducation nationale ou les collectivités territoriales.

Quant à l’annonce de l’introduction d’une part de rémunération individualisée au mérite, elle est surtout destinée à alimenter les préjugés des milieux réactionnaires, qui aiment tant déverser leur bile contre le prétendu manque de travail des salariés du public. Mais le plus important, c’est que le gouvernement a décidé de poursuivre le blocage des salaires des fonctionnaires, comme c’est le cas depuis 2010, avec deux petites exceptions en 2016 et 2017, élection présidentielle oblige.

Les salariés du public sont victimes, comme ceux du privé, de la même politique qui vise partout à faire reculer les conditions de travail, à aggraver la précarité et la flexibilité et à réduire les salaires. L’État cherche à faire des économies pour continuer à arroser le patronat et les plus riches mais les mesures contre la fonction publique sont aussi un des versants de l’attaque générale contre les travailleurs. La présence, dans les cortèges du 22 mai, de manifestants du privé et de cheminots montre que l’idée que les travailleurs ont des intérêts communs, et donc les moyens en combattant ensemble de faire reculer le gouvernement et la bourgeoisie, fait son chemin.

Marion AJAR