CSO Transdev : grève d’avertissement

23 Mai 2018

Plus de 140 travailleurs de CSO Transdev à Carrières-sous-Poissy ont fait grève les 14 et 15 mai, paralysant le réseau de transports urbains dans ce secteur des Yvelines. C’est beaucoup, d’autant que 30 % de l’effectif réel (330 travailleurs) est en CDD ou intérimaire.

CSO fait partie de Transdev, mammouth à 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, contrôlé par la Caisse des dépôts, c’est-à-dire l’État. Transdev a pour politique de maintenir les différences entre les sociétés agglomérées au fil du temps. Il n’y a pas de prime d’ancienneté chez CSO, alors qu’elle va jusqu’à 500 euros dans une société sœur de la région, ni d’intéressement ou réelle participation. Les revendications de l’intersyndicale CGT, SUD, CFDT et FO sont modérées pour le moment, avec 1,5 % de plus sur les salaires, la hausse des primes de métier, des chèques vacances et le coup d’arrêt à certaines attaques et à la dégradation des conditions de travail. Elles visent à gagner ce qui est mieux ailleurs et à défendre le reste.

Une autre cause de l’importance de la mobilisation est l’attitude méprisante voire agressive de la direction, toujours à l’attaque. Les plannings sont changés à la dernière minute et les heures supplémentaires représentent quinze postes permanents à l’année. Le temps de préparation entre prise de poste et départ, anciennement de vingt minutes, est ramené à dix. La direction diminue de deux heures l’amplitude horaire, mais présente comme une augmentation la simple intégration dans le taux horaire du forfait de ces deux heures. Le taux horaire est de 9,10 euros pour trois ans d’ancienneté, quand elle fait dire à la presse qu’il est de 12,14 euros à l’embauche. Dernière manifestation de l’agressivité de la direction : celle-ci, pour intimider, a convoqué plusieurs grévistes fin mai.

Un certain nombre de travailleurs lui en veulent aussi après le suicide récent d’un chef d’équipe ayant dix-sept ans d’ancienneté. Après deux mois d’absence, il demandait à revenir en avance d’un congé sans solde, et elle a refusé qu’il reprenne son poste, pourtant toujours vacant.

Pour tout le monde, ce mouvement est un avertissement. Comme il a été décidé à l’assemblée générale du 15 mai, un préavis de grève a été déposé pour les jeudi 24 et vendredi 25 mai, et le nombre de travailleurs inscrits sur ce préavis était encore plus fort que pour le 14 mai.

Correspondant LO