Contrôle technique : plus dur, plus cher…

23 Mai 2018

Depuis le 20 mai, les règles des contrôles techniques automobiles ont été durcies, avec pour conséquence d’en augmenter parfois fortement le coût pour les automobilistes.

Le nombre de points de contrôle est passé de 123 à 131 et, alors que le contrôleur pointait environ 400 défaillances possibles, ce nombre s’élève maintenant à plus de 600. Celles qui seront considérées comme critiques devront être réparées dans les 24 heures, sous peine d’immobilisation du véhicule. De nombreux garages ne pourront d’ailleurs pas effectuer les réparations rapidement, puisqu’ils ne disposent pas toujours des pièces nécessaires. Le salarié qui a besoin de sa voiture pour se rendre au travail devra s’en passer pendant plusieurs jours.

Le niveau de ces défauts sera laissé à l’appréciation des professionnels, et une fuite d’huile pourra être considérée comme un défaut majeur, ou critique. Le nouveau contrôle sera bien évidemment plus cher et pourrait augmenter le prix de 15 à 20 %. On comprend ainsi l’inquiétude de nombreux automobilistes qui possèdent une vieille voiture et qui n’ont pas les moyens d’en changer ou de faire des réparations lourdes.

Le gouvernement met en avant la sécurité routière pour justifier cette nouvelle réglementation. Mais, si le gouvernement n’est pas avare de déclarations, il ne débloque aucun moyen dans ce domaine. Au contraire, puisque son action consiste à réduire le financement public consacré aux transports publics et à l’entretien des routes. Et, alors qu’il multiplie les cadeaux au patronat, il n’envisage pas davantage de mettre à contribution les constructeurs automobiles, ce qui serait pourtant la moindre des choses, ni les entreprises qui ont pourtant de plus en plus recours au transport routier.

Cela revient à faire reposer le coût de la sécurité routière essentiellement sur les automobilistes, en choisissant ainsi de pénaliser ceux dont les revenus sont les plus modestes.

Aline URBAIN