Vélib’ – Paris : les grévistes restent mobilisés

16 Mai 2018

Depuis le 17 avril, les travailleurs de Vélib’ sont en lutte contre leur patron, Smovengo, filiale de grands distributeurs de pièces de rechange automobiles. Le nouvel exploitant a repris l’activité de location de vélos le 1er janvier, mais sa tentative de baisser les rémunérations des travailleurs, notamment les majorations des nuits, dimanches et jours fériés, n’est pas passée.

Smovengo a saisi la justice. Selon lui, les grévistes auraient dû déposer un préavis cinq jours francs avant le début de leur lutte. Les travailleurs ont rétorqué qu’ils n’en voyaient pas la raison. Ils ont déjà mené une lutte au moment de l’arrivée de ce repreneur. Il y avait eu alors un jugement et personne n’avait fait valoir cette exigence face à un patron privé. Le juge des référés, lui, a cependant donné raison à Smovengo et déclaré la grève illicite, sous prétexte que l’entreprise est chargée de la gestion d’un service public. En revanche, il lui a interdit d’embaucher des intérimaires comme briseurs de grève.

Le juge a aussi exigé des grévistes qu’ils ne portent pas atteinte à la « liberté du travail » en bloquant les dépôts d’Alfortville, dans le Val-de-Marne, et de Villeneuve-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine. Les travailleurs ont répliqué qu’il s’agit de barrages filtrants. Mais le tribunal n’en a pas moins agité la menace d’une astreinte de 1 500 euros par personne empêchée d’entrer et d’une éventuelle intervention de la police.

Les travailleurs ne se laissent pas intimider. Pour eux, il est clair que la direction se sert de leur grève pour masquer ses difficultés à mettre en place son système de location de vélos. Smovengo a eu le culot de prétendre que ses propres dysfonctionnements sont de la faute des grévistes. L’argument ne marche pas plus que tout le reste, et les grévistes de Vélib’ poursuivent leur lutte. Avec raison, ils maintiennent toutes leurs revendications.

Jacques FONTENOY