Universités - Nanterre : examens ou pas…

16 Mai 2018

Vendredi 11 mai, plusieurs centaines d’étudiants et des dizaines de membres du personnel de l’université de Nanterre se sont rassemblés à Arcueil, où des examens avaient été déplacés suite à la mobilisation en cours et à la fermeture des locaux à Nanterre. Des cheminots et des grévistes de Geodis étaient aussi présents.

Malgré les tentatives de dispersion violente par les CRS, tous ont tenu bon et la direction a été contrainte d’annuler les examens prévus. De toute façon, quand les CRS sont parvenus à dégager la voie pour les étudiants convoqués aux partiels, une écrasante majorité d’entre eux ont refusé de le faire dans ces conditions.

Cette action avait été votée lors d’assemblées générales étudiantes et du personnel rassemblant 900 personnes les 7 et 9 mai. Les étudiants continuent à dénoncer la loi ORE, qui renforce la sélection à l’entrée à l’université. Ils refusent également que les examens soient organisés en catimini, sur le campus ou à plusieurs kilomètres du site de Nanterre, voire sous surveillance policière, alors que les cours sont suspendus depuis des semaines et que certains doivent faire des heures de transport pour s’y rendre.

Le personnel enseignant et administratif avait aussi décidé de venir à Arcueil pour dénoncer l’organisation de ces examens, en mimant une manifestation de droite à coup de slogans tels que : « La fac sans prolos, c’est plus rigolo ! » ; « Pour la fac pas de fric, pour les jeunes la trique ! », ou encore : « Ouvrez les chemins d’ fer aux gros actionnaires ».

Malgré le nombre et la réaction complètement disproportionnés des policiers, les manifestants ont eu le sentiment d’avoir remporté une petite victoire morale contre la présidence de l’université et ses manœuvres. En effet, outre la délocalisation de certains examens, la présidence veut autoritairement classer les dossiers des lycéens candidats pour la rentrée prochaine, mettant ainsi en œuvre le dispositif Parcoursup que beaucoup d’enseignants refusent d’appliquer.

Mais cela n’entame pas la détermination des étudiants et enseignants mobilisés.

Correspondant LO