Lidl : même patron, même combat !

16 Mai 2018

Mercredi 9 mai, en Bretagne, de nombreux salariés de Lidl, caissières ou préparateurs de commandes mais aussi agents de maîtrise, ont suivi l’appel à la grève lancé par l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Unsa, CFE-CGC.

Plus de la moitié des 62 magasins Lidl bretons ont fermé, pour quelques heures ou pour la journée. L’entrepôt de Ploumagoar, près de Guingamp, était également en grève.

Dans des tracts distribués aux clients ou dans la presse, les grévistes ont dénoncé le sous-effectif, l’augmentation des cadences, le chronométrage. Ils ont également dénoncé les licenciements pour inaptitude, sans reclassement, subis par les salariés qui n’arrivent plus à tenir le rythme de travail. Dans certains magasins, les salariés ont raconté l’épuisement psychologique causé par l’affichage permanent d’un classement du meilleur au moins bon d’entre eux… À l’entrepôt de Ploumagoar, les grévistes ont redit le stress et les troubles du sommeil dus à la machine à commande vocale dénoncée par l’émission Cash investigation sur France 2, en septembre dernier.

L’intersyndicale réclamait « un plan d’urgence pour améliorer les conditions de travail de tous, dans les magasins et dans l’entrepôt de Ploumagoar ».

Cette journée de grève a eu lieu une semaine après la fin d’une mobilisation massive des salariés de Lidl en Belgique, du 23 avril au 1er mai. Partie de Liège, en Wallonie, la grève a fait tache d’huile et touché les 302 magasins Lidl belges, dont une centaine ont fermé. Les cinq dépôts Lidl, deux en Wallonie et trois en Flandre, ont été bloqués jour et nuit. Soutenus par la population, les grévistes ont dénoncé les bas salaires, le chantage à l’emploi, l’extrême flexibilité des horaires, la surcharge de travail due au sous-effectif. Des voix se sont élevées pour dénoncer l’enrichissement de Dieter Schwarz, principal actionnaire de Lidl, et faire le lien entre l’augmentation de sa fortune personnelle, passée de 10,5 milliards d’euros en 2010 à 15 milliards en 2018, et l’exploitation accrue des 315 000 salariés de Lidl, dont la productivité a augmenté de 15 % depuis 2013.

Dans les deux cas, la mobilisation a payé. En Belgique, le 1er mai la direction s’est engagée à recruter du personnel supplémentaire et à faire ralentir le rythme dans les magasins. En France, la direction régionale de Bretagne a pris le même engagement le 9 mai. Les salariés de Lidl n’ont pas fini de faire parler d’eux !

Julie LEMÉE