Carburants : le racket organisé

16 Mai 2018

Le prix des carburants flambe. Le prix le plus bas du litre de gazole est à 1,42 euro, soit une hausse de 15,6 % en un an, celui du sans-plomb 95 à 1,50 euro, soit 8,5 % de plus, et le sans-plomb 98 à 1,58 euro, soit 5,4 % de plus.

Les trusts pétroliers y trouvent leur compte. Mais l’État est aussi largement responsable de ces hausses, puisque les taxes (taxe sur les produits pétroliers et TVA au taux de 20 %) représentent l’essentiel du prix du litre de carburant. En janvier de cette année, le gouvernement a pris la décision d’augmenter la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), ou plus exactement sa composante carbone. D’où la hausse actuelle et celles à venir, avec la perspective pour 2022 d’égaliser cette taxe sur les différents carburants autour de 76 à 78 centimes par litre, soit dix centimes de plus qu’aujourd’hui pour les sans-plomb et vingt centimes pour le gazole.

L’État a favorisé la vente de voitures, et en particulier de véhicules diesel, pour le plus grand profit des industriels de l’automobile, aux dépens du développement des transports en commun. C’est devenu un marché captif : tous ceux qui ne peuvent pas se déplacer, en premier lieu se rendre au travail, sans utiliser leur voiture voient leur facture augmenter, parfois jusqu’à 50 euros de plus par mois pour ceux qui roulent beaucoup. Au moment où les salaires sont bloqués, c’est une ponction encore plus insupportable.

L’État, lui, encaisse plusieurs milliards par an, sans protéger davantage la planète, malgré les grands discours sur l’écologie.

Sylvie MARÉCHAL