Camps de migrants : une situation dramatique créée par le gouvernement

16 Mai 2018

Deux migrants sont morts noyés dans les canaux en bordure des camps de fortune où s’entassent plusieurs milliers d’entre eux à Paris.

La première victime, un jeune Afghan, a péri dans le canal Saint-Martin, au bord duquel vivent plusieurs centaines de migrants. Une semaine plus tard, le corps d’un autre émigré a été retrouvé dans le canal Saint-Denis, près du centre commercial du Millénaire. Plus de 2 000 personnes s’entassent à cet endroit sur un petit espace. Épuisées par leur long voyage à travers les frontières, souvent malades ou blessées, elles tentent d’y survivre sous des tentes de fortune. Les épidémies ne sont évitées pour l’instant que grâce à l’intervention des équipes de France terre d’asile, Médecins du monde ou Médecins sans frontière. Et, dans cette promiscuité, les rixes surviennent régulièrement.

Certains de ceux qui campent là essaient de faire enregistrer leur demande d’asile en se présentant régulièrement à la porte de plateformes saturées. D’autres l’ont déjà déposée mais, faute de place en centre d’accueil, ils attendent là qu’elle soit examinée. D’autres enfin, certains d’être déboutés, ne font pas de demande et restent avec leurs camarades. Tous sont victimes des obstacles dressés devant celles et ceux qui fuient la misère ou la guerre dans leur pays d’origine, pour les empêcher d’obtenir des papiers, un travail ou un logement en France.

Les campements se reforment régulièrement. Celui de Stalingrad, évacué par la police, s’était reconstitué porte de la Chapelle. Celui-ci, évacué à son tour, renaît maintenant un peu plus loin sur les espaces libres que constituent les bords des canaux, et c’est toujours le même spectacle lamentable de gens manquant de tout dans un des pays les plus riches du monde.

Les moyens d’accueillir décemment ces quelques milliers de personnes existent pourtant, mais le gouvernement préfère laisser perdurer des situations inhumaines, en pensant que cela dissuadera d’autres migrants de prendre la route de l’exil vers la France.

Daniel MESCLA